Lors d’une récente interview, Paul McCartney est revenu avec humour sur son expérience des concerts de Bob Dylan. Le musicien britannique explique que Dylan transforme tellement ses morceaux sur scène qu’il devient parfois difficile de les reconnaître :
"J’ai assisté à quelques concerts de Bob, et honnêtement, je n’arrivais pas à dire quelle chanson il jouait. C’est un peu fort, parce que je connais son répertoire !"
Deux visions artistiques différentes...
Une remarque sincère venant pourtant d’un artiste qui connaît parfaitement l’œuvre de la légende américaine. L’ancien Beatle oppose cette liberté artistique à sa propre philosophie des concerts. Pour lui, le public mérite d’entendre les chansons qui ont marqué sa vie :
"Je pense qu’on pourrait jouer des chansons que les gens ne connaissent pas et avoir beaucoup de 'trous noirs'… Mais ils ont payé beaucoup d’argent [...] Quand j’étais gamin, j’allais aux concerts et j’économisais. Je suis allé voir Bill Haley... J’avais économisé pendant des mois, fait une tournée de journaux. Et je savais ce que je voulais : je voulais qu’il joue ses tubes ! [...] Je comprend qu'il (Bob Dylan) ne veuille pas jouer 'Mr Tambourine Man' peut-être qu’il en a marre... Mais moi, j’aimerais l’entendre. Et j’ai payé !"
Les Beatles ont ainsi construit une partie de leur réputation scénique sur des classiques fédérateurs comme "Hey Jude", que McCartney considère encore aujourd’hui comme des moments capables de réunir des milliers de personnes :
"De nos jours, quand on fait quelque chose comme 'Hey Jude', on voit tout le public chanter ensemble. Dans l’Amérique de Trump, où Républicains et Démocrates se battent, quand on joue cette chanson, ils ne se battent plus. Ils adorent tous ça"
Une admiration réciproque
L’amitié entre les Beatles et Bob Dylan remonte au milieu des années 60, et malgré leurs visions très différentes de la scène, les deux artistes n’ont jamais cessé de se témoigner leur admiration mutuelle. En 2007, Bob Dylan saluait encore le talent vocal de John Lennon et Paul McCartney, tandis que l’ex-Beatle reconnaissait lui-même l’influence immense de Bob Dylan sur l’écriture plus introspective du groupe. McCartney allait même jusqu’à admettre : "Parfois, j’aimerais être un peu plus comme Bob. Il est légendaire... et il s’en fout ! Mais je ne suis pas comme ça".
Une preuve supplémentaire que, même après plusieurs décennies, Paul McCartney et Bob Dylan continuent d’incarner deux visions complémentaires et fascinantes de la musique live.




























