Dans l’histoire du rock, certaines victoires se jouent loin des scènes et des amplis. Pour Adam Clayton, bassiste de U2, l’une des plus importantes fut son combat contre l’alcoolisme — un combat qu’il affirme ne pas avoir mené seul.
Il y a quelques années, lors d’une cérémonie organisée au PlayStation Theater de New York pour lui remettre le Stevie Ray Vaughan Award, en reconnaissance de son engagement auprès de MusiCares et de son programme d’aide aux artistes en difficulté, le musicien irlandais a pris la parole pour revenir sur une période très sombre de sa vie.
Face au public, Adam Clayton a évoqué sans détour son combat contre l’alcoolisme et le rôle déterminant de ses compagnons de route au sein de U2.
« Nous avons fait un pacte : dans notre groupe, personne ne serait laissé pour compte. Nous allons tous nous en sortir, ou personne ne s'en sortira. Merci d'avoir tenu votre promesse et de m'avoir permis de rester dans le groupe. »
Une addiction difficile à combattre dans le monde du rock
Dans son discours, le bassiste a également évoqué la difficulté d’être sobre dans un groupe de rock, un environnement où les excès sont souvent considérés comme normaux.
« Je ne pensais pas qu'on puisse être dans un groupe de rock et abstinent. Ce n'est pas dans notre culture », a-t-il confié.
À l’époque, Clayton reçoit aussi le soutien d’autres figures majeures de la musique. C’est notamment Eric Clapton qui l’encourage à entamer une cure pour se soigner. Pendant sa convalescence, une autre légende britannique lui rend régulièrement visite : Pete Townshend, guitariste emblématique de The Who.
L’amitié indéfectible de U2
Mais au moment de remercier ceux qui l’ont aidé à traverser cette épreuve, Clayton tient surtout à saluer ses frères de scène : Bono, The Edge et Larry Mullen Jr..
« J'ai eu de la chance : j'ai trois amis qui ont vu ce qui se passait et qui m'aimaient suffisamment pour en supporter les conséquences. Bono, The Edge et Larry m'ont soutenu avant et pendant ma convalescence, et je leur suis immensément reconnaissant pour leur amitié, leur compréhension et leur soutien. »
Dans un univers musical souvent marqué par les tensions et les ruptures, cette promesse faite entre les membres de U2 prend une dimension particulière. Plus qu’un simple groupe, la formation irlandaise s’est toujours présentée comme une famille, soudée depuis ses débuts à Dublin à la fin des années 1970.
Et pour Adam Clayton, cette solidarité a peut-être tout simplement changé sa vie.
































