Robert Plant vs les Eagles : Pourquoi Led Zeppelin ne fera jamais de come-back

Robert Plant vs les Eagles : Pourquoi Led Zeppelin ne fera jamais de come-back

Oubliez tout espoir de voir le célèbre dirigeable reprendre son envol. Robert Plant, la voix légendaire de Led Zeppelin, vient de doucher les fantasmes des fans en comparant sa situation à celle des Eagles. Entre punchlines cinglantes et défense acharnée de son intégrité artistique, le rocker explique pourquoi il préfère son présent au cirque de la nostalgie.

Si les promoteurs sont prêts à aligner des fortunes pour une réunion de Led Zeppelin, Robert Plant reste de marbre. Même l'insistance de Don Henley, le batteur des Eagles, n'a pu le faire changer d'avis. Le chanteur rappelle avec ironie que ses confrères américains avaient juré qu'une réunion ne se ferait que si « l’enfer gelait », avant de lancer le "Hell Freezes Over Tour" en 1994. Pour Plant, l'appât du gain n'est pas le moteur de ce retour : « Les Eagles ne font pas ça pour l’argent, ils le font parce qu’ils s’ennuient. Et moi, je ne m’ennuie pas ». Une pique bien sentie qui souligne son refus d'être un simple objet de nostalgie pour satisfaire l'industrie musicale.

L'histoire des Eagles est pourtant riche en rebondissements. Glenn Frey décrivait d'ailleurs leurs retrouvailles avec une pointe d'humour : « Nous ne nous sommes jamais séparés, nous avons juste pris 14 ans de vacances ». Ce retour inattendu avait été amorcé par l'album hommage "Common Thread" en 1993, dont le succès colossal a poussé Travis Tritt à réunir Frey et Henley pour un clip. Si Joe Walsh y a vu une sortie de secours face à ses propres excès, Robert Plant ne veut absolument pas de ce scénario. Il refuse catégoriquement de s’enfermer dans un rôle passé : « Je ne suis pas un jukebox », clame-t-il, préférant aujourd'hui l'authenticité de son projet folk "Saving Grace" aux sirènes du marketing.

Pour lui, une nouvelle réunion de Led Zep serait « un concentré de tout ce qui ne va pas dans le monde des grands concerts rock », un véritable « cirque » financier où la musique passerait au second plan. S’il garde d'excellentes relations avec Jimmy Page et John Paul Jones, Plant refuse de sacrifier son intégrité pour un spectacle sans âme. Le concert historique à l’O2 Arena en 2007, immortalisé dans le film "Celebration Day", restera donc un sommet unique et définitif à ses yeux. Une belle leçon de rock’n’roll qui privilégie la création présente à la répétition du passé, tout en souhaitant bonne chance à ceux qui choisissent de revenir sous les projecteurs.

Désolé pour les nostalgiques, mais le dirigeable restera définitivement au hangar !

Aaron MAI