Robert Plant et Phil Collins entretiennent une grande amitié : « Dès notre première rencontre, il est devenu comme un frère pour moi. »

Robert Plant et Phil Collins entretiennent une grande amitié : « Dès notre première rencontre, il est devenu comme un frère pour moi. »

Il a été le batteur du chanteur de Led Zeppelin au début de sa carrière solo, après le décès de John Bonham.

Dans l’histoire du rock britannique, certaines relations surprennent autant qu’elles marquent les esprits. Celle entre Robert Plant et Phil Collins en fait partie. Deux figures majeures issues de mondes musicaux différents, réunies par le hasard des rencontres et une passion commune pour la musique, au point de développer une relation presque fraternelle.

Une amitié née au-delà des clichés du rock

Pour une raison souvent jugée obscure par certains observateurs, Phil Collins a longtemps été une figure controversée dans le paysage musical britannique. Batteur puis chanteur de Genesis, il a aussi connu une carrière solo planétaire, mais n’a jamais échappé aux critiques acerbes de certains de ses pairs.

Des groupes comme U2 n’ont pas hésité à le tourner en dérision, notamment lors d’une émission diffusée pendant les Billboard Awards de 1992. Dans un ton volontairement moqueur, The Edge lui lançait :
« Salut Phil, notre ami Paddy, le barman, est un grand fan de toi, et nos parents aussi. »

De son côté, Noel Gallagher a multiplié les piques restées célèbres, allant jusqu’à déclarer :
« Ce n'est pas parce qu'on vend beaucoup de disques qu'on est bon. Un exemple ? Phil Collins. »

Ou encore :
« Le plus important pour être une star, c'est d'avoir une bonne coupe de cheveux. Regardez Phil Collins. »

La rencontre avec Robert Plant : un tournant humain et musical

Malgré cette image parfois clivante, Phil Collins a toujours pu compter sur le respect et l’amitié de grandes légendes du rock, à commencer par Robert Plant, chanteur emblématique de Led Zeppelin.

Les deux artistes se rencontrent au début des années 1980, grâce à Ahmet Ertegun, figure historique d’Atlantic Records. À cette époque, Robert Plant s’éloigne progressivement de l’héritage très lourd de Led Zeppelin et explore de nouvelles sonorités plus modernes.

Il se souvient notamment de cette période charnière :
« Nous nous sommes rencontrés par l'intermédiaire d'Ahmet Ertegun. John Bonham a été ma plus grande source d'inspiration depuis que j'ai commencé la batterie. »

Cette connexion initiale autour de la musique et de l’admiration mutuelle va rapidement évoluer vers une collaboration artistique forte.

Une collaboration décisive dans les années 80

Phil Collins participe activement au premier album solo de Robert Plant, Pictures at Eleven, sorti en 1982. L’album réunit plusieurs musiciens de talent, dont Cozy Powell et le guitariste Robbie Blunt. Collins apporte sa batterie puissante et reconnaissable, donnant une couleur très particulière au projet.

Un an plus tard, Plant confirme cette nouvelle direction musicale avec The Principles of Moments. Le single « Other Arms » atteint même la première place du Billboard Top Tracks.

Phil Collins accompagne ensuite Robert Plant en tournée aux États-Unis, malgré une carrière solo déjà extrêmement prenante. Une implication qui en dit long sur leur relation.

« Comme un frère » : une relation au-delà de la musique

Au fil des années, l’admiration entre les deux hommes se transforme en une véritable amitié profonde. Robert Plant ne cache pas l’importance de Phil Collins dans cette période de transition artistique :

« Dès notre première rencontre, Phil Collins est devenu comme un frère pour moi. Son enthousiasme et son énergie étaient incroyables. Il a pris les rênes du groupe et l'a guidé avec son esprit positif. »

Ces mots résument parfaitement la nature de leur lien : une complicité artistique, mais surtout humaine, loin des jugements extérieurs et des rivalités fantasmées.

Une amitié à contre-courant

Dans un monde du rock souvent marqué par les ego, les clashs et les rivalités publiques, la relation entre Robert Plant et Phil Collins apparaît presque atypique. Elle rappelle que derrière les critiques et les caricatures médiatiques, les musiciens partagent souvent un respect profond pour le talent et la sensibilité de leurs pairs.

Aujourd’hui encore, cette amitié reste l’un des liens les plus surprenants mais aussi les plus sincères entre deux icônes du rock britannique.