Pink Floyd, l'histoire du légendaire dernier concert au Live 8. Les coulisses racontées par Nick Mason et Roger Waters.

Pink Floyd, l'histoire du légendaire dernier concert au Live 8. Les coulisses racontées par Nick Mason et Roger Waters.

Le batteur évoque son dernier concert en 2005, les différences entre Gilmour et Waters, et bien plus encore.

Le 2 juillet 2005, dans le cadre de la série de concerts caritatifs Live 8, Pink Floyd se reformait une dernière fois dans une configuration historique. Sur scène, le public assistait à un moment que personne ne savait encore être final : la réunion de Roger Waters, David Gilmour, Nick Mason et Richard Wright, pour un concert qui allait entrer dans la légende du rock.

Un moment vécu sans conscience de son caractère final

Avec le recul, ce concert apparaît comme un adieu silencieux. Pourtant, à l’époque, rien ne laissait penser qu’il s’agissait du dernier chapitre de l’histoire scénique du groupe. Nick Mason le reconnaît lui-même avec une certaine nostalgie :

« Nous ne pensions pas que c’était vraiment le dernier concert du groupe au complet », expliquait-il dans une interview accordée à Eon Music, « car on ne sait jamais ce qui peut arriver. Curieusement, je pensais qu’il y aurait d’autres occasions de ce genre, car un événement comme Live 8 a démontré que c’est un excellent moyen de sensibiliser le public et de collecter des fonds. J’imaginais donc que les organisateurs décideraient peut-être d’organiser plus souvent ce type d’événements. Mais le problème, c’est que c’est très difficile à mettre en œuvre, et en réalité, rien de semblable n’a jamais été organisé depuis. »

Une réunion au-delà des tensions internes

Ce qui rend cette performance encore plus exceptionnelle, c’est le contexte interne de Pink Floyd. Les tensions entre Roger Waters et David Gilmour étaient connues de tous, et pourtant, le temps d’un concert, elles ont été mises de côté.

Nick Mason résume cette parenthèse avec une lucidité touchante : malgré les conflits, tout le monde a compris que cet événement dépassait les différends personnels. Le groupe a choisi la musique, l’histoire, et l’impact symbolique d’un rassemblement unique.

« J’ai toujours pensé que notre dernier concert était l’un des meilleurs de notre carrière », a-t-il poursuivi, « tout simplement parce que tout le monde savait qu’il y avait une sorte de conflit, mais malgré cela, nous nous sommes tous dit : “Vous savez quoi ? Cet événement est bien plus important que les divergences d’opinions, le groupe, la musique ou quoi que ce soit d’autre.” Et je pense que c’était une belle preuve de maturité. »

Le récit de Roger Waters : un retour presque inattendu

De son côté, Roger Waters garde également un souvenir très fort de cette réunion exceptionnelle. Il revient souvent sur les coulisses de ce moment improbable, initié par Bob Geldof, organisateur de Live 8.

« J’étais vraiment heureux à cette occasion », confiait-il à Digital Spy. « Bob Geldof m’a appelé et m’a dit qu’il essayait désespérément de convaincre Gilmour et m’a demandé de l’aider. Il m’a dit que j’étais le seul à pouvoir y arriver. Je lui ai dit que j’essaierais, mais qu’il devait me donner son numéro de téléphone puisque je ne le connaissais pas. J’ai appelé David et il a d’abord refusé, mais à un moment donné, il a changé d’avis et a finalement accepté. Et je suis vraiment content qu’il l’ait fait, car ce furent 20 minutes merveilleuses. C’était formidable d’être sur scène avec lui, Nick et Rick pour la dernière fois. Un moment vraiment fantastique. »

Un adieu rétrospectivement bouleversant

En 2008, la disparition de Richard Wright a donné une dimension encore plus tragique et définitive à ce concert. Aujourd’hui, le Live 8 est perçu comme le dernier instant où Pink Floyd s’est tenu sur scène dans sa forme la plus complète, à l’exception de Syd Barrett.

Ce concert n’était pas seulement une performance. Il est devenu un symbole : celui d’un groupe capable de transcender ses fractures internes pour servir une cause plus grande que lui. Une parenthèse historique, brève mais immense, où les conflits se sont effacés derrière la puissance du rock, de la mémoire et de la musique.