Au début des années 2000, Metallica a traversé l'une des périodes les plus compliquées de son histoire. Entre le départ du bassiste Jason Newsted, les problèmes d'alcool de James Hetfield et les tensions grandissantes avec le batteur Lars Ulrich, le groupe californien a même envisagé la séparation lors de l'enregistrement de l'album St. Anger en 2003. Une crise profonde immortalisée dans le documentaire Some Kind of Monster.
Plus de vingt ans après les faits, Lars Ulrich est revenu sur cette période sombre et a révélé un détail méconnu : selon lui, les Rolling Stones ont joué un rôle décisif dans la survie de Metallica.
Une période où Metallica était au bord du gouffre
Au début des années 2000, les membres de Metallica peinent à fonctionner ensemble. Les conflits internes se multiplient et le groupe disparaît même temporairement de la scène musicale.
« Cette période n'a certainement pas été facile, mais depuis, nous avons appris à connaître nos limites et nos points de rupture », a expliqué Lars Ulrich dans une interview accordée au Sun.
Le batteur précise que cette crise fut la dernière véritable rupture vécue par le groupe : « Nous ne nous sommes jamais séparés en 14 ans, mais à cette occasion, nous avons disparu de la scène musicale pendant environ un an. »
L'appel inattendu des Rolling Stones
Alors que l'avenir du groupe semblait incertain, une proposition inattendue est arrivée de la part des légendes britanniques des Rolling Stones.
« Les Rolling Stones nous ont appelés et nous ont dit : "Venez jouer quelques concerts avec nous en Californie". On était tous d'accord pour dire qu'on ne pouvait pas refuser une telle proposition », raconte Ulrich.
Cette invitation intervient en 2005 dans le cadre de la tournée A Bigger Bang. Après près d'un an d'absence, Metallica assure la première partie de deux concerts des Stones à San Francisco.
Pour Lars Ulrich, ces deux dates ont changé beaucoup plus que leur emploi du temps.
« Pour nous, c'était l'occasion de repartir à zéro », explique-t-il. « Si on est indifférent à tout, il est facile de tout laisser tomber, mais heureusement, on y tenait tous suffisamment pour trouver une solution qui permette à Metallica de fonctionner, pour nous comme pour les fans. »
Deux concerts qui ont tout changé
Même si l'expérience n'a duré que deux soirs, elle a permis aux membres du groupe de retrouver une dynamique commune.
« Ces concerts nous ont permis de recharger nos batteries, aussi bien sur le plan créatif que physique, et de nous préparer à la prochaine étape de l'histoire de Metallica », affirme le musicien.
Cette parenthèse a également poussé les membres du groupe à revoir leur manière de vivre et de travailler ensemble.
« Nous avons sorti notre premier album quand j'avais 19 ans. Puis vient le moment de se poser, de fonder une famille. À un moment donné, il faut prendre conscience de ce dont on a besoin pour s'épanouir, être fort et le montrer sur scène », ajoute-t-il.
Une rencontre plutôt glaciale avec les Stones
Ironiquement, si les Rolling Stones ont indirectement contribué à sauver Metallica, les relations entre les deux groupes n'ont jamais été particulièrement chaleureuses.
Dans une interview datant de 2007, Lars Ulrich révélait même qu'ils avaient eu très peu de contacts avec Mick Jagger, Keith Richards, Ronnie Wood et Charlie Watts.
Le seul véritable échange aurait eu lieu lors d'une séance photo improvisée en coulisses.
« Charlie Watts a dit "Salut", puis je crois que Keith Richards a hoché la tête, tandis que Mick Jagger nous regardait comme si on lui avait refilé une pneumonie », se souvenait le batteur avec humour.
La rencontre fut brève et les deux groupes reprirent rapidement leurs activités respectives.
Les Rolling Stones, des sauveurs malgré eux
Même si les membres des Rolling Stones n'ont jamais activement participé à la résolution des conflits internes de Metallica, leur invitation a eu un impact considérable. En forçant les musiciens à remonter sur scène ensemble après des mois de tensions, ces concerts ont permis au groupe de retrouver son unité et sa motivation.
Plus de vingt ans plus tard, Metallica continue de remplir les stades à travers le monde. Et selon Lars Ulrich, une partie de cette longévité est liée à cette opportunité unique offerte par les Rolling Stones, une proposition impossible à refuser qui a finalement empêché l'un des plus grands groupes de rock de l'histoire de disparaître prématurément.




























