Jack White, des White Stripes, a expliqué comment le riff de Seven Nation Army a vu le jour !

Jack White, des White Stripes, a expliqué comment le riff de Seven Nation Army a vu le jour !

Le rockeur de Detroit ajoute : « Au final, suivre mon instinct a payé. »

Le riff de guitare le plus reconnaissable des années 2000 a bien failli passer inaperçu. Pourtant, “Seven Nation Army”, le morceau culte des White Stripes, est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands classiques du rock moderne. Son créateur, Jack White, a récemment raconté comment ce riff légendaire est né presque par hasard… et dans un certain scepticisme.

Tout commence le 29 janvier 2002, lors des répétitions d’un concert au Corner Hotel de Melbourne, en Australie. À ce moment-là, Jack White teste une idée de riff devant Ben Swank, l’un des partenaires avec qui il a fondé le label indépendant Third Man Records en 2001. La réaction est loin d’être enthousiaste.

« Il a haussé les épaules et a dit : C’est sympa, mais ça ne me paraît pas exceptionnel », se souvient le musicien.

Pour beaucoup, cette remarque aurait pu suffire à abandonner l’idée. Mais pas pour Jack White, connu pour son obsession du son brut et de l’expérimentation. Au contraire, ce doute devient une source de motivation.

« Quand on vous dit ça, vous vous dites : non, il y a quelque chose. Vous ne le voyez pas encore. Je vais y arriver. »

À l’origine, même le titre n’était qu’un placeholder. “Seven Nation Army” vient en réalité d’un souvenir d’enfance : c’est la manière dont Jack White prononçait “Armée du Salut” lorsqu’il était petit.

Musicalement, le riff intrigue aussi par son timbre. Beaucoup pensent entendre une basse, alors qu’il s’agit en réalité d’une guitare électrique passée dans un effet de pitch shift DigiTech Whammy, un outil déjà utilisé par des guitaristes comme Jonny Greenwood, Tom Morello, Matt Bellamy ou encore David Gilmour.

Au départ, Jack White envisage même de garder ce riff pour composer un thème de James Bond. Ironie du sort, il réalisera ce rêve quelques années plus tard avec “Another Way to Die” en 2008, enregistré avec Alicia Keys pour le film “Quantum of Solace”.

Entre-temps, le riff arrive aux Rag Studios de Londres pendant l’enregistrement de “Elephant”, le quatrième album des White Stripes. Mais là encore, l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous.

« Personne ne la trouvait intéressante. Pour moi, elle détonait. Mais notre maison de disques préférait d’autres titres. »

Le musicien insiste pourtant pour en faire le premier single. Pari gagnant : sortie le 17 février 2003, “Seven Nation Army” devient le premier vrai succès américain du duo, atteint la 76e place des charts, remporte le Grammy Award de la meilleure chanson rock et contribue à relancer la vague garage rock du début des années 2000.

Son secret ? Une construction atypique. « Je voulais simplement écrire une chanson qui captive l’auditeur même sans refrain. C’était un défi. »

Aujourd’hui, le riff de “Seven Nation Army” est devenu l’un des plus recherchés sur Internet et l’un des plus étudiés par les guitaristes, dépassant même ceux de “Whole Lotta Love”, “Smoke on the Water” ou “Smells Like Teen Spirit”.

Et son influence dépasse largement le rock : après la victoire de l’Italie lors de la Coupe du monde 2006, le riff s’est transformé en hymne de stade, chanté sans paroles par des millions de supporters.

Comme le résume Jack White :
« Même des gens nés après la sortie d’Elephant et qui n’avaient jamais entendu parler des White Stripes ont suivi leur instinct. »

Une preuve qu’un riff simple, né dans une répétition presque anodine, peut parfois entrer directement dans l’histoire du rock.