Mark Hoppus, du groupe Blink-182, fait l'éloge de Mike Dirnt, de Green Day : « C'est mon héros, le cœur battant de la basse. »

Mark Hoppus, du groupe Blink-182, fait l'éloge de Mike Dirnt, de Green Day : « C'est mon héros, le cœur battant de la basse. »

Le bassiste : « Dookie est un album qui a changé ma vie. »

La scène punk rock californienne célébrait l’un de ses piliers. Mike Dirnt, bassiste et membre fondateur de Green Day aux côtés de Billie Joe Armstrong, a reçu le prix d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, décerné chaque année par le magazine spécialisé Bass Magazine. Une distinction remise lors d’une cérémonie organisée à l’Observatory de Santa Ana, en Californie, devant un parterre de musiciens et de figures majeures du rock alternatif.

Pour l’occasion, Mark Hoppus, bassiste et chanteur de Blink-182, est monté sur scène afin de rendre un hommage aussi personnel que passionné à celui qu’il considère comme une référence absolue. Dans un long discours empreint d’émotion, il a qualifié Mike Dirnt de « cœur battant de la basse électrique », saluant son influence musicale, humaine et générationnelle.

Green Day, la bande-son d’une génération

Mark Hoppus est revenu sur l’impact colossal de Green Day dans les années 90, une époque charnière pour toute une génération de musiciens punk :

« Chacun d'entre nous ici présent a sa propre histoire à raconter sur la façon dont il a appris à aimer ce bassiste et son groupe, mais même si elles sont toutes différentes, je pense qu'il s'agit fondamentalement de la même histoire. »

La sienne commence à la fac, une basse à la main, dans un garage, avec un rêve simple : enregistrer une démo.

« Le groupe sans lequel je ne pouvais pas vivre, c'était ce trio d'East Bay appelé Green Day. »

L’album qui agit comme une révélation pour lui est Kerplunk, le deuxième album de Green Day, sorti en 1991 sur le label indépendant Lookout! Records :

« Un album fantastique, un mélange entre les Ramones et les Descendents, avec toute la folie de Gilman Street que je ne comprenais pas à l'époque, mais que j'ai immédiatement adorée. »

De la basse du garage aux scènes punk

Skateur passionné, Mark Hoppus reçoit sa première basse à quinze ans, offerte par son père. En 1992, il s’installe à San Diego pour étudier à la California State University, où il rencontre Tom DeLonge. Ensemble, ils fondent Blink-182, encore en pleine construction artistique :

« On apprenait encore à écrire des chansons et à faire des acrobaties devant le miroir. »

Le déclic scénique arrive lors d’un concert de Green Day au Soma Club, devant un millier de personnes :

« Ils étaient sales et transpirants, ils improvisaient, changeaient de morceaux, partaient dans tous les sens avant de se retrouver. Et à chaque fois, au cœur de tout ça, il y avait la basse de Mike Dirnt. »

Mike Dirnt, l’ADN du pop punk

De son vrai nom Michael Pritchard, Mike Dirnt a grandi à Oakland et connaît Billie Joe Armstrong depuis l’âge de dix ans. Ensemble, ils jouent au lycée dans le groupe Sweet Children et fréquentent assidûment le mythique 924 Gilman Street, épicentre de la scène punk underground de Berkeley.

Après les débuts avec 39/Smooth en 1990, le passage de l’underground au succès mondial s’opère avec Dookie en 1994. L’album se vend à 20 millions d’exemplaires et propulse le pop punk au sommet des charts :

« Un album qui a changé ma vie », affirme Mark Hoppus.

Il souligne aussi le rôle déterminant de Longview, titre emblématique qui ouvre sur une ligne de basse iconique :

« Ce n’est pas un hasard si la chanson qui a fait entrer le punk dans le courant dominant commence par une ligne de basse de Mike. »

Une filiation musicale et humaine

L’influence de Mike Dirnt se retrouve jusque dans le plus grand tube de Blink-182 :

« C’est l’intro de J.A.R. de Green Day, jouée de façon approximative », plaisante Mark Hoppus.

En 2002, les deux groupes partagent l’affiche lors du Pop Disaster Tour, une tournée américaine de deux mois, avec Jimmy Eat World en première partie :

« C’était l’un des meilleurs moments de ma vie. »

Au-delà de la musique, Hoppus insiste sur la bienveillance de Mike Dirnt :

« Quand j’étais malade, il m’envoyait sans cesse des messages. Il m’a même prêté sa basse Telecaster rose fétiche pour me remonter le moral. »

Un héros de la basse

Mark Hoppus conclut son hommage avec des mots forts, à l’image de la carrière du musicien honoré :

« C’est un punk rockabilly sans compromis, un maître artisan, l’âme de la basse et un ami formidable. »

Une reconnaissance méritée pour Mike Dirnt, figure discrète mais essentielle, dont les lignes de basse ont fait vibrer des millions de fans… et donné naissance à toute une génération de groupes punk rock.

@kroq @blink-182’s @Mark presented @Green Day’s Mike Dirnt with @Bass Magazine’s Lifetime Achievement Award #blink182 #greenday #music #bassplayer ♬ original sound - World Famous KROQ