Avant de devenir l’un des groupes les plus populaires de l’histoire du rock américain, Bon Jovi est avant tout l’histoire d’un gamin du New Jersey animé par une obsession : vivre pour la musique, coûte que coûte.
John Francis Bongiovi Jr. est né à Perth Amboy, dans le New Jersey, il grandit dans une famille aux racines contrastées : un père ancien Marine, une mère ancienne playmate. Très tôt, le futur rockeur est happé par la musique. À sept ans, il commence à s’y intéresser sérieusement et découvre deux figures majeures qui marqueront son ADN artistique : Bruce Springsteen et Elton John. À seulement treize ans, il fonde déjà son premier groupe, Raze, preuve que l’ambition ne l’a jamais quitté.
Les clubs du New Jersey comme terrain d’apprentissage
La carrière de Jon Bon Jovi débute dans les clubs du New Jersey, là où se forgent les vrais musiciens. Il y fait ses armes en assurant la première partie de Southside Johnny and the Asbury Jukes, un groupe fondé par Little Steven et étroitement lié à l’univers de Bruce Springsteen. Parmi ses membres figurent alors plusieurs piliers du E Street Band, dont Max Weinberg et le légendaire Clarence Clemons. Une école du rock brut, exigeante, sans paillettes.
À 16 ans, Jon rencontre le claviériste David Bryan. Ensemble, ils fondent Atlantic City Expressway, puis un autre projet nommé Rest. Mais le jeune chanteur voit plus grand. Un an plus tard, il s’installe à New York, où son cousin Tony Bongiovi fonde les mythiques studios Power Station.
Power Station : du café à la légende
Aux Power Station, Jon Bon Jovi n’est d’abord qu’un employé parmi d’autres. Son rôle, comme il l’expliquera lui-même, consiste à maintenir l’ordre dans les studios et à apporter le café aux musiciens. Mais derrière cette apparente modestie se cache une détermination sans faille.
En 1980, il enregistre son premier titre professionnel sur un projet aussi improbable qu’inoubliable : « Christmas in the Stars: The Star Wars Christmas Album ». Un album de chants de Noël Star Wars, produit par le label RSO pour capitaliser sur le succès du film de George Lucas, en collaboration avec Meco Monardo, célèbre pour sa version disco de la bande originale. Jon Bon Jovi y chante même en duo avec le droïde R2-D2 sur « We Wish You a Merry Christmas ». Une anecdote culte qui prouve déjà qu’il est prêt à tout oser pour percer.
« Runaway », l’étincelle fondatrice
En 1981, Jon enregistre sa première vraie chanson : « Runaway ». Faute de moyens, il s’entoure de musiciens de studio regroupés sous le nom The All Star Review, parmi lesquels figure Roy Bittan, claviériste de Bruce Springsteen. Jon convainc alors le DJ Chip Hobart de la radio WAPP105 “The Apple” de diffuser le titre sur la compilation annuelle de la station.
Le morceau devient un succès inattendu. Cette chanson change tout.
Porté par cet élan, Jon Bon Jovi fonde enfin le groupe Bon Jovi, aux côtés de David Bryan, du batteur Tico Torres, du bassiste Alec John Such et du guitariste Richie Sambora, dont le jeu et les harmonies vocales deviendront une signature absolue.
La naissance d’un géant du rock
Le premier album, « Bon Jovi », sort le 21 janvier 1984 et se classe dans le Top 50 américain. Le groupe est lancé. Le reste appartient à l’histoire.
Depuis, Bon Jovi a sorti 14 albums studio, cinq compilations et trois albums live, vendant plus de 100 millions d’exemplaires à travers le monde. En 2018, le groupe est intronisé au Rock and Roll Hall of Fame. Avec plus de 2 700 concerts donnés dans plus de 50 pays, Bon Jovi s’impose comme l’un des groupes majeurs de la musique américaine, symbole d’un rock fédérateur, populaire et indémodable.
D’un adolescent du New Jersey apportant le café dans les studios à une légende mondiale du rock, l’histoire de Bon Jovi est celle d’une foi absolue en la musique — et d’un rêve devenu réalité à force de travail, d’audace et de chansons éternelles.
































