Les records les plus fous dans l’histoire des jeux de casino

Les records les plus fous dans l’histoire des jeux de casino

Les casinos sont régulièrement le théâtre de belles histoires. Certaines improbablement belles, que la fiction aurait bien de la peine à égaler. Des gains vertigineux, des séries statistiquement improbables, des paris d'une audace confondante, etc. Certains de ces exploits relèvent de la chance pure. D'autres, d'une méthode que leurs auteurs ont su pousser jusqu'à ses dernières conséquences.

 

Machines à sous : près de 40 millions de dollars pour 100 dollars misés

Le record revient à un ingénieur logiciel de Los Angeles. En 2003, dans le casino Excalibur de Las Vegas, ce joueur de 25 ans insère 100 dollars dans une machine Megabucks. Quelques instants plus tard, l'écran affiche... 39,7 millions de dollars. Le Guinness des records a évidemment homologué ce gain, qui demeure à ce jour le plus élevé jamais obtenu sur une machine à sous.

Ce montant s'explique en fait par le fonctionnement très particulier des machines à jackpots progressifs. Sur ce type de machine, une fraction de chaque mise vient grossir une cagnotte commune, qui est alimentée jusqu'à ce qu'un joueur décroche la combinaison gagnante.

Plus le temps passe sans gagnant, plus le jackpot enfle, plus celui-ci suscite l'intérêt, et plus le jackpot enfle ! Megabucks reliait alors plusieurs centaines de machines à travers le Nevada.

D'autres gains spectaculaires sont intervenus à cette période faste du développement des casinos outre-Atlantique. En 2000, une serveuse du Desert Inn de Las Vegas empoche 34,9 millions de dollars quelques semaines avant son mariage.

Plus tôt, en 1998, une hôtesse de l'air à la retraite gagne 27,6 millions au Palace Station, alors qu'elle patientait simplement en attendant sa table au restaurant.

Ces récits partagent un point commun : des mises modestes, parfois quelques dollars, transformées en fortunes par l'alignement improbable des bons symboles.

Aujourd'hui, une machine a sous reproduit ces mécanismes de jackpots progressifs en se basant sur Internet. En 2018, un joueur a décroché 18,9 millions d'euros en jouant à Mega Moolah sur son casino en ligne habituel (depuis son smartphone), avec une mise de seulement 75 centimes.

 

Roulette et blackjack : 32 rouges consécutifs et 15 millions en trois mois

La roulette, par sa simplicité même, offre un terrain de choix pour observer des séries statistiques aberrantes. Au Rio Casino de Las Vegas en 2012, le numéro 19 est apparu sept fois de suite, un phénomène qu'un joueur de poker présent a eu le réflexe de photographier.

Une histoire similaire n'a malheureusement pas pu être immortalisée. En 1943, dans un casino américain (la source exacte varie selon les récits, certains évoquent un établissement non identifié), la bille serait tombée sur une case rouge 32 fois de suite. C'est le plus long enchaînement d'une même couleur dans l'histoire de la roulette.

Mais les records les plus fascinants impliquent aussi une part de méthode. Joseph Jagger, ingénieur textile du Yorkshire, s'est rendu à Monte-Carlo en 1873 avec une intuition : les roulettes mécaniques, fabriquées à la main, présentent nécessairement de légères imperfections. Pendant plusieurs jours, il fait relever les numéros sortants par des assistants.

L'analyse révèle qu'une roue favorise effectivement certains chiffres. Jagger mise en conséquence et repart avec l'équivalent de 12 millions de livres sterling actuelles. Le casino finira par modifier ses roulettes chaque nuit pour contrer la méthode.

Au blackjack, Don Johnson a fait la une des médias locaux en 2011. En trois mois, ce joueur professionnel a remporté 15 millions de dollars dans les casinos d'Atlantic City. Son secret ne tenait pas au comptage de cartes, plutôt dans sa capacité à négocier des règles avantageuses avec les établissements.

Des remises sur pertes, des modifications du nombre de jeux de cartes, des petits ajustements des conditions de jeu, etc. Les casinos, soucieux d'attirer les gros joueurs, avaient accepté des termes... qui se sont retournés contre eux.

 

Roulette : 135 000 dollars misés sur le rouge, 270 000 empochés

Vous connaissez peut-être certaines règles conseillées aux joueurs, comme celle de ne pas miser plus de 1 à 2% sur un seul pari ou tour de jeu. Mais certains joueurs ont poussé l'audace jusqu'à un point que la prudence ordinaire réprouverait forcément.

Ashley Revell, Britannique de 32 ans, a vendu en 2004 l'intégralité de ses possessions : maison, voiture, vêtements, jusqu'à ses affaires personnelles. Il a réuni ainsi un peu plus de 135 000 dollars, qu'il a misés en une seule fois sur le rouge, à la roulette du Plaza Hotel de Las Vegas.

La scène, filmée pour une émission britannique, montre la bille hésiter avant de s'immobiliser sur le 7 rouge. Revell est reparti avec plus de 270 000 dollars. Ici, l'exploit tient moins au gain qu'à la démarche.

Contrairement au joueur régulier qui étale son risque, Revell avait comprimé toute sa fortune en un instant de pur hasard : 48,6 % de chances de tout perdre, 48,6 % de doubler, 2,7 % de tomber sur le zéro et de voir la maison rafler la mise !

 

Pourquoi l'improbable finit toujours par arriver

À parcourir ces histoires, il y a une constante qui semble se dessiner en creux : le casino reste un lieu où les probabilités, aussi défavorables soient-elles, finissent par produire des exceptions spectaculaires.

Évident ? Oui et non. Cela tient au fait que la loi des grands nombres garantit qu'avec suffisamment de joueurs et suffisamment de parties, l'improbable devient inévitable.

Reste que ces records exercent une fascination durable précisément parce qu'ils incarnent une forme de transgression statistique. Ils rappellent aussi que derrière les chiffres se trouvent des individus : une serveuse, un ingénieur, une retraitée qui attendait sa table. Des gens ordinaires saisis par l'extraordinaire, le temps d'un tour de roue ou d'un alignement de symboles.