Le 18 février 1990 reste une date gravée dans l’histoire du rock. Ce soir-là, au Dominion Theatre de Londres, Freddie Mercury
montait sur scène pour la toute dernière fois aux côtés de Queen. L’événement n’était pas un concert flamboyant comme le Live Aid ou une performance démesurée à Wembley, mais un moment solennel : la remise du BRIT Award pour l’ensemble de sa carrière au groupe britannique.
À cette époque, les rumeurs sur l’état de santé du chanteur circulaient déjà avec insistance. Pourtant, fidèle à lui-même, Freddie Mercury apparaît digne, élégant, presque impassible. Costume sombre, regard déterminé, il avance sous les projecteurs du Dominion Theatre avec cette aura unique qui a fait de lui l’un des plus grands frontmen de l’histoire.
Sur scène, l’émotion est palpable. Queen, formé par Brian May, Roger Taylor, John Deacon et Freddie, reçoit cette récompense prestigieuse consacrant plus de deux décennies de succès, d’audace et d’innovations musicales. Des hymnes comme Bohemian Rhapsody, We Will Rock You ou Somebody to Love ont redéfini les standards du rock mondial.
Mais ce soir-là, quelque chose est différent. Freddie Mercury, affaibli mais déterminé, laisse principalement la parole à Brian May. Le chanteur se contente de quelques mots simples, sobres, presque énigmatiques : « Thank you… good night. » Une phrase courte, devenue rétrospectivement bouleversante. Personne dans la salle ne sait encore qu’il s’agit de sa dernière apparition publique.
Quelques mois plus tard, en novembre 1991, le monde apprendra officiellement que Freddie Mercury était atteint du sida, une maladie qu’il avait choisi de garder privée jusqu’à la veille de sa mort. Cette ultime montée sur scène au Dominion Theatre de Londres prend alors une dimension historique et profondément humaine.
Ce BRIT Award pour l’ensemble de sa carrière ne récompensait pas seulement un groupe à succès : il consacrait une légende. Queen n’était plus simplement un groupe de rock, mais une institution culturelle. Quant à Freddie Mercury, il quittait la scène comme il l’avait toujours habitée : avec mystère, élégance et une intensité rare.
Trente-cinq ans plus tard, cette image reste puissante. Celle d’un artiste au sommet de sa gloire, salué par ses pairs, offrant au public une dernière apparition chargée de dignité. Un adieu discret, mais éternel.
































