L’avenir de Queen + Adam Lambert, l’un des duos rock les plus populaires et les plus respectés sur scène ces dernières années, n’a jamais semblé aussi incertain. Et cette fois, la question ne se limite pas uniquement à la santé de Brian May. Entre polémiques idéologiques, contexte géopolitique tendu et réflexion personnelle, le guitariste légendaire de Queen n’écarte plus une décision radicale : ne plus jamais jouer aux États-Unis.
Déjà fragilisé par une vive controverse avec Michael Eavis, fondateur du festival de Glastonbury et propriétaire de Worthy Farm, le groupe avait annoncé sa décision de ne jamais se produire sur la scène du plus grand festival britannique. En cause, une position jugée incompatible avec les valeurs de Brian May :
« Ils sont favorables à la chasse et à l'abattage des blaireaux sauvages dans les fermes. C'est inacceptable. »
Un boycott fort, assumé, qui illustre le positionnement éthique du musicien. Mais aujourd’hui, c’est un autre territoire mythique du rock qui pourrait être rayé de la carte de Queen + Adam Lambert : les États-Unis.
« Nous aimons l’Amérique, mais beaucoup de choses ont changé. C’est devenu un endroit dangereux. »
Des mots lourds de sens. Le groupe avait pourtant renoué avec le public américain dès 2012, redonnant vie au répertoire de Queen dans un pays où ils ne s’étaient plus produits depuis le 15 septembre 1982, date du dernier concert avec Freddie Mercury, au Forum de Los Angeles, lors de la tournée Hot Space.
« Nous avons beaucoup grandi en Amérique ces dernières années, mais la situation est différente aujourd’hui. Nous ne sommes pas les seuls ; d’autres groupes y réfléchissent à deux fois avant de retourner aux États-Unis. »
Une déclaration qui résonne comme un signal d’alerte dans l’industrie musicale internationale.
La dernière apparition scénique de Brian May remonte au festival de Coachella, en avril, où il a surpris le public en interprétant Bohemian Rhapsody aux côtés du chanteur américain Benson Boone. Un moment fort, mais peut-être symbolique d’un possible chant du cygne.
« Je ne sais pas quand nous remonterons sur scène. Nous avançons au jour le jour. Je pense qu’il est temps de faire une pause et de passer du temps avec ma famille. »
À 77 ans, Brian May se remet d’un AVC survenu en 2024, une épreuve qui a profondément modifié sa vision des choses.
« J’ai eu de la chance de m’en remettre, mais ce genre d’épreuve remet les idées en place. Je fais beaucoup d’exercice, du vélo et de la natation plusieurs fois par semaine. Les médecins disent que je fais tout ce qu’il faut. Donc tout va bien. Je suis toujours là. »
Toujours là, oui. Mais peut-être à l’aube d’un nouveau chapitre, plus intime, plus prudent. Si Queen a toujours défié le temps, l’histoire pourrait désormais s’écrire à un rythme plus lent, loin des tournées mondiales et des foules américaines.

































