Figure emblématique du rock britannique, Brian May, guitariste légendaire de Queen, n’a jamais caché que sa musique et ses convictions personnelles allaient de pair. Et c’est précisément au nom de ses engagements que le musicien affirme aujourd’hui que Queen ne jouera jamais à Glastonbury, le plus grand festival d’Angleterre.
« Nous ne jouerons pas à Glastonbury l'année prochaine, et je ne pense pas que nous y jouerons un jour. Nous n'en avons jamais parlé car ils savent ce que je pense », tranche Brian May. Une déclaration sans détour, qui révèle un conflit profond et durable entre l’artiste et l’institution musicale britannique.
Le combat de Brian May pour les droits des animaux
Au cœur de cette fracture se trouve une pratique controversée : la chasse au blaireau dans la campagne anglaise. Considéré par une partie du monde agricole comme un vecteur potentiel de maladies, notamment la tuberculose bovine, le blaireau est régulièrement abattu dans le cadre de politiques de prévention.
Un argument que Brian May, défenseur acharné de l’environnement, réfute depuis des années. Ancien vice-président de la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals (RSPCA) jusqu’en 2024, le guitariste a mis sa notoriété au service de cette cause, multipliant les prises de parole et les actions de sensibilisation.
Il est également à l’origine du documentaire « Les Blaireaux, les Agriculteurs et Moi », diffusé par la BBC, réalisé en collaboration avec une équipe de scientifiques et d’experts. Données à l’appui, le film affirme que les blaireaux ne sont pas responsables de la propagation des maladies chez les bovins, remettant directement en cause les politiques de régulation actuelles.
Glastonbury, Worthy Farm et une opposition frontale
Pour Brian May, la véritable solution se situe ailleurs : une meilleure vigilance en élevage, afin de limiter la transmission de virus comme la tuberculose. Une position qui suscite une vive opposition dans le monde agricole.
Michael Eavis, propriétaire de Worthy Farm, où se tient le festival de Glastonbury depuis 1970, et lui-même éleveur laitier, n’a pas mâché ses mots. Il a qualifié le travail de Brian May de « trompeur » et même de « danger pour tous les agriculteurs ».
Un désaccord profond, devenu irréconciliable. « Ils tuent des blaireaux, et c’est quelque chose que je ne supporte pas », affirme Brian May, scellant définitivement la rupture entre Queen et le festival mythique.
Queen + Adam Lambert à l’arrêt, Brian May se préserve
À cette tension idéologique s’ajoute un contexte plus personnel. En raison de problèmes de santé, aucune nouvelle date n’a été annoncée pour le projet Queen + Adam Lambert. Une situation assumée et soutenue par son entourage.
Son épouse, l’actrice Anita Dobson, confie avec franchise : « C’est mieux ainsi, j’aimerais qu’il soit à la maison. »
Cap sur Queen II, trésors cachés à venir
Loin des scènes, Brian May reste néanmoins pleinement actif. Le guitariste travaille actuellement sur une réédition de luxe de Queen II, le deuxième album du groupe, sorti en mars 1974. Un projet patrimonial majeur pour les fans.
« Je ne sais pas quand nous remonterons sur scène, mais on ne sait jamais. Place à Queen II, il y a des choses que personne n’a jamais entendues », promet-il.
Entre engagement militant, héritage rock et respect de sa santé, Brian May continue de tracer sa route avec la même intégrité. Quitte à renoncer à Glastonbury, pour rester fidèle à ses convictions.
































