Queen : Roger Taylor a sorti à la surprise générale « Chumps », une nouvelle chanson engagée.

Queen : Roger Taylor a sorti à la surprise générale « Chumps », une nouvelle chanson engagée.

Les paroles de la chanson visent à commenter le climat politique et social de ces dernières années.

À la surprise générale, Roger Taylor, le batteur historique de Queen, a dévoilé une nouvelle chanson solo intitulée « Chumps ». Un titre sombre, sans concession, qui s’inscrit dans la longue tradition de protest songs chères au musicien britannique. À travers ce nouveau morceau, Taylor livre une charge frontale contre le climat politique et social international actuel, plus tendu que jamais.

Connu pour son franc-parler et son goût pour les commentaires musicaux sur l’actualité, Roger Taylor n’a jamais hésité à mêler musique et engagement. Avec « Chumps », il opte pour une composition mélancolique, presque pesante, portée par une interprétation vocale volontairement abattue et accusatrice. Le ton est grave, la colère contenue, mais omniprésente.

Les paroles ne laissent que peu de place au doute. Le personnage visé y est décrit comme « un homme sans morale, sans qualités », une « catastrophe individuelle » et une « coquille vide, dépourvue de toute raison ». Des qualificatifs d’une brutalité rare, qui laissent fortement penser que la cible principale de la chanson pourrait être l’actuel occupant de la Maison-Blanche, même si Taylor se garde bien de le nommer explicitement.

Sur le plan de l’écriture, Roger Taylor démontre une nouvelle fois sa maîtrise des rimes et du sarcasme, juxtaposant des termes lourds de sens comme « trahison » et « luxure », ou encore « prétention » et « atrocités ». Ces associations renforcent le discours accusateur du morceau et accentuent son atmosphère de désillusion. Le message est clair : « Chumps » n’est pas une simple chanson, mais un acte de protestation musicale.

Ce sentiment est encore amplifié par le clip, ou plutôt la vidéo accompagnant le titre, qui se compose exclusivement d’images de personnes noires. Un choix visuel fort, qui souligne les inégalités sociales, les injustices systémiques et les tensions raciales qui traversent le monde contemporain, donnant à la chanson une dimension politique et symbolique supplémentaire.

Cette sortie s’inscrit d’ailleurs dans un contexte rock particulièrement engagé. Il y a quelques jours à peine, Bruce Springsteen a lui aussi frappé fort en dévoilant « Streets of Minneapolis », un nouveau titre profondément politique, inspiré par les fractures sociales et les violences raciales aux États-Unis. Une coïncidence révélatrice : les grandes figures du rock, loin de se taire avec l’âge, semblent au contraire resserrer les rangs face aux dérives du monde actuel.

L’engagement politique n’est évidemment pas une nouveauté dans la carrière solo de Roger Taylor. En 2019, il avait déjà marqué les esprits avec « Gangsters Are Running This World », une dénonciation cinglante de l’élite dirigeante mondiale. Plus tôt encore, en 1994, son album « Happiness? » contenait deux titres particulièrement polémiques : « Dear Mr. Murdoch », une attaque directe contre le magnat des médias Rupert Murdoch, et « Nazis 1994 », une mise en garde contre la montée du néonazisme en Europe.

Preuve de la pertinence durable de ses prises de position, « Dear Mr. Murdoch » avait d’ailleurs été mise à jour en 2011, à la suite du scandale des écoutes téléphoniques qui avait éclaboussé le tabloïd « News of the World ». Une façon pour Taylor de rappeler que, pour lui, la musique doit rester connectée au réel.

Cette sensibilité sociale s’est aussi exprimée à travers ses choix de reprises. En 1998, sur l’album Electric Fire, Roger Taylor enregistrait une version de « Working Class Hero » de John Lennon, l’un des hymnes de protestation les plus emblématiques de l’histoire du rock. Un clin d’œil évident à un artiste dont il partage la vision d’un rock engagé, conscient et dérangeant.

Avec « Chumps », Roger Taylor prouve une nouvelle fois que, même loin des projecteurs de Queen, il reste une voix critique essentielle du rock britannique, capable de transformer sa colère et ses inquiétudes en musique. À l’instar de Bruce Springsteen, il rappelle que le rock n’est pas qu’un héritage nostalgique, mais demeure un formidable outil de contestation et de prise de parole.