Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Ronnie Wood, guitariste emblématique des Rolling Stones, a ouvert la boîte à souvenirs. Une plongée fascinante dans les années 1960, à une époque où le blues rock britannique bouillonnait dans les caves moites de Londres et où tout semblait possible pour une poignée de musiciens affamés de scène et de liberté.
La carrière de Ronnie Wood débute en 1964, lorsqu’il joue et compose au sein des Birds, l’un des premiers groupes anglais de blues rock à connaître un vrai succès. À cette période, Ron partage un appartement avec Jon Lord, alors membre du groupe de son frère Art Wood, les Birds, avant de devenir plus tard le légendaire claviériste de Deep Purple. Les deux musiciens collaborent sur un projet expérimental baptisé Santa Barbara Machine Head, tout en s’immergeant pleinement dans la scène musicale londonienne.
« J’allais toujours voir les Yardbirds au Crawdady Club à Richmond. Ils jouaient une version rapide de I’m a Man de Muddy Waters. Le public était en délire, la sueur dégoulinait du plafond, l’ambiance était incroyable », se souvient Ronnie Wood. Une époque où les clubs transpiraient littéralement le blues, le rythm’n’blues et l’électricité brute.
En 1965, Jeff Beck remplace Eric Clapton à la guitare au sein des Yardbirds. Ronnie Wood raconte : « Un jour, je lui ai dit : si tu décides de quitter le groupe, appelle-moi. Et il l’a fait. » De cet appel naît le Jeff Beck Group, avec Jeff Beck et Ron Wood à la guitare, Dave Ambrose à la basse, et une succession de batteurs prestigieux, dont Aynsley Dunbar, Micky Waller et Roy Cook.
Après un concert explosif au 100 Club d’Oxford Street, un tournant s’opère. « On jouait bien à deux guitares, mais un jour Jeff m’a dit : Ron, ça te dirait de jouer de la basse ? J’aime les défis, alors j’ai accepté. » Ronnie Wood devient ainsi bassiste du Jeff Beck Group, qui rencontre le succès avec le single Hi Ho Silver Lining (14e au Royaume-Uni) et la face B instrumentale mythique Beck’s Bolero. Cette dernière est enregistrée lors d’une session légendaire réunissant John Paul Jones, Keith Moon, Jimmy Page et Nicky Hopkins — un véritable instantané de l’histoire du rock.
En 1968, le manager Peter Grant emmène le Jeff Beck Group en Amérique. À New York, ils donnent quatre concerts au Fillmore East avec les Grateful Dead, avant de conclure leur tournée californienne au Fillmore West de San Francisco. Le groupe enchaîne ensuite quatre tournées américaines couronnées de succès jusqu’en 1969.
C’est durant cette période que Ronnie Wood découvre qu’il a un fan pas comme les autres : Jimi Hendrix. « Il venait à nos concerts et disait à Jeff : Pourquoi ne pas faire jouer un solo à votre bassiste ? Il est génial. » Une amitié naît entre les deux guitaristes. « Jimi Hendrix et moi sommes devenus amis et avons même partagé un appartement à Holland Park, à Londres, pendant quelques semaines. C’était sympa. »
Peu avant le festival de Woodstock, auquel le Jeff Beck Group devait participer (« Nous n’étions pas prêts », confie Ronnie Wood), Jeff Beck dissout le groupe. Ronnie Wood rejoint alors les Small Faces aux côtés de Rod Stewart et Kenney Jones. Le groupe devient simplement Faces et publie quatre albums jusqu’en 1973, dont le classique A Nod Is As Good As a Wink… to a Blind Horse, classé 2e au Royaume-Uni et 6e aux États-Unis en 1971.
Après avoir participé au mythique Rainbow Concert le 13 janvier 1973, organisé par Pete Townshend pour permettre à Eric Clapton de remonter sur scène au sein d’un supergroupe avec Jim Capaldi, Steve Winwood et Eric Grech, Ronnie Wood reçoit un appel décisif. Les Rolling Stones lui proposent de remplacer Mick Taylor lors des sessions d’enregistrement de l’album Black and Blue, avant de l’embarquer pour la tournée américaine de 1975.

































