Jimi Hendrix était presque aussi célèbre pour ses performances scéniques incendiaires que pour son génie musical hors normes. Mais au début de l’année 1968, lors d’une courte tournée en Suède, le guitariste a laissé son exubérance dépasser le cadre de la scène. Résultat : une arrestation, une chambre d’hôtel ravagée, et une détention administrative de deux semaines qui restera comme l’un des épisodes les plus sombres de sa carrière européenne.
Une tournée nordique qui dérape
Le Jimi Hendrix Experience débarque à Göteborg le 3 janvier 1968 pour une tournée de quatre dates en Suède et au Danemark. Le trio s’installe à l’hôtel Opalen, avant de sortir faire la fête. Direction le Klubb Karl, un club local, où la nuit s’étire bien au-delà du raisonnable.
De retour à l’hôtel vers 2 heures du matin, Hendrix, Mitch Mitchell et quelques amis prolongent la soirée dans la chambre du batteur. L’ambiance est festive… jusqu’à ce qu’elle devienne incontrôlable.
Une nuit de rage à l’hôtel Opalen
Aux alentours de 4 heures du matin, le 4 janvier, un client de l’étage inférieur se plaint à la réceptionniste de nuit d’une violente altercation au-dessus de sa chambre. En entrant dans la pièce, elle découvre une scène choquante : Jimi Hendrix gisant sur le lit, dans une mare de sang, la chambre entièrement saccagée.
Dans un accès de rage, le guitariste a brisé une fenêtre et s’est gravement blessé à la main, vraisemblablement sous l’emprise de l’alcool et de la drogue. La police est appelée. Hendrix est arrêté, puis transporté à l’hôpital avant d’être placé sous contrôle judiciaire.
Interdiction de voyager et convocation quotidienne
Les autorités suédoises inculpent Hendrix pour dégradation de biens publics. Plus surprenant encore : elles lui imposent une interdiction de quitter le territoire. Pendant deux semaines, le musicien est contraint de se présenter chaque jour au commissariat à 14 heures.
Le 16 janvier 1968, Jimi Hendrix comparaît devant le tribunal. Le verdict tombe : une amende de 3 200 couronnes suédoises. L’affaire se conclut sans peine de prison ferme, mais l’épisode marque profondément l’artiste et son entourage.
Un rapport dangereux à l’alcool et aux drogues
Cet incident suédois n’est malheureusement pas un cas isolé. Plusieurs proches de Hendrix ont raconté que le musicien, calme et réservé à jeun, pouvait devenir extrêmement violent sous l’emprise de l’alcool. Une rumeur persistante évoque même une compagne blessée à l’œil par une bouteille, nécessitant des points de suture, lors d’un accès de rage lié à l’ivresse.
En 1969, Hendrix est de nouveau rattrapé par ses excès : il est accusé de possession de drogue après que les douanes canadiennes ont découvert de l’héroïne et du haschisch dans ses bagages. Des accusations qu’il contestera fermement par la suite.
Le prix de la démesure
Derrière le mythe du guitar hero absolu, cet épisode suédois rappelle une vérité plus sombre : le génie de Jimi Hendrix avançait main dans la main avec ses démons. En 1968, alors qu’il est au sommet de sa créativité, ses excès commencent déjà à fragiliser l’homme derrière la légende.
Une légende qui, même menottée dans un commissariat suédois, continuera pourtant à électriser l’histoire du rock.
































