Figure emblématique du hard rock mondial, Duff McKagan, légendaire bassiste de Guns N' Roses, s’est récemment livré sans filtre lors d’une longue interview accordée à Josh Paul, lui-même bassiste – notamment de Suicidal Tendencies – dans un épisode du podcast Bass Freq. Une discussion dense, passionnée, où musique, apprentissage et parcours personnel se sont entremêlés.
Une chute personnelle, et une relation complexe avec l’école
Au fil de la conversation, Duff McKagan est revenu sur certains épisodes marquants de sa vie, notamment sa chute personnelle et sa relation compliquée avec l’école, un sujet qui continue encore aujourd’hui d’évoluer pour lui. Loin de l’image du rockeur figé dans ses excès passés, le musicien se montre introspectif, lucide et surtout animé par une envie constante de comprendre et d’apprendre.
« La basse me fascine plus que tout »
Lorsque Josh Paul lui demande pourquoi il a choisi la basse comme instrument, Duff McKagan se lance dans ce qui ressemble à une véritable déclaration d’amour :
« J'ai toujours été attiré par tout, et je le suis toujours. […] J'ai toujours voulu en savoir plus sur le manche de ma basse, et faire des liens… J'ai regardé divers documentaires. […] J'ai grandi influencé par Sly & The Family Stone, puis par Black Sabbath. J'ai pris des cours de basse avec Reggie Hamilton, qui était mon voisin et un bon ami, et un bassiste monstrueux. Scott Shriner, de Weezer, est également incroyable, il maîtrise vraiment la théorie et tout le reste. Je tiens à le préciser : ce sont eux les professeurs, je suis l'élève. Mais j'aime aussi qu'on me laisse tranquille, pour intégrer tout cela à ma façon de penser et à ma mémoire musculaire, et me l'approprier. »
À travers ces mots, Duff McKagan révèle une chose essentielle : malgré son statut d’icône du rock, il se considère avant tout comme un élève permanent, toujours avide de progresser.
Inspiré par Slash et Axl Rose
Le bassiste évoque également l’influence de ses compagnons de route au sein de Guns N' Roses :
« La basse me fascine plus que tout. J'ai eu la chance d'observer Slash, un maître en la matière ; j'ai joué avec lui si longtemps que je l'ai vu évoluer et progresser. Et Axl [Rose] aussi, un maître lui aussi, qui se bat pour chaque note et trouve toujours des ressources dans son corps pour stimuler sa voix. Mais pour moi, la basse est un instrument vraiment fascinant, et j'ai beaucoup de chance de pouvoir en jouer et de mettre en pratique ce que je préconise. »
Une reconnaissance sincère entre musiciens, qui souligne à quel point l’observation et l’écoute ont façonné son jeu.
Reprendre les études, envers et contre tout
Enfin, la discussion s’est orientée vers un choix fort : celui de reprendre ses études, après les avoir abandonnées très jeune, faute de moyens et de motivation.
« Je ne peux pas dire que je sois retourné à l'école », confie-t-il, « car je n'y ai jamais mis les pieds ! Je viens d'une famille nombreuse, alors l'université n'était pas envisageable à moins d'en avoir les moyens. […] Je voulais faire une école de commerce. J'ai donc intégré celle que je visais, mais il m'a fallu faire des études supérieures pour entrer à l'Université de Seattle, et c'était génial. J'ai aussi monté un groupe de musique à Seattle, j'avais donc un groupe de musique à l'université ! »
Un parcours atypique, à l’image de l’homme : instinctif, passionné, et guidé par une soif d’apprendre qui ne l’a jamais quitté.

































