Six ans après The New Abnormal, The Strokes reviennent avec Reality Awaits, un septième album qui ne cherche pas à reproduire la formule de leurs débuts. Produit une nouvelle fois par Rick Rubin, le disque marque une nouvelle étape dans l'évolution du groupe new-yorkais, avec une approche plus expérimentale qui risque autant de séduire que de dérouter.
Dès les premières pistes, Reality Awaits affiche ses ambitions. Les guitares de Nick Valensi et Albert Hammond Jr. restent bien présentes, mais elles cohabitent désormais avec des synthétiseurs plus marqués, des arrangements parfois déroutants et une utilisation très assumée de l'Auto-Tune sur la voix de Julian Casablancas. Ce choix de production est d'ailleurs l'un des principaux sujets de débat parmi les fans et la presse spécialisée, certains saluant cette prise de risque tandis que d'autres regrettent l'énergie brute qui faisait le charme des premiers albums.
Sur le fond, The Strokes explorent des thèmes contemporains comme l'aliénation, le vieillissement, la société de consommation ou encore la place de l'individu dans un monde hyperconnecté. Des morceaux comme Going Shopping, Dine N'Dash ou Lonely in the Future illustrent cette volonté d'allier mélodies accrocheuses et regard désabusé sur notre époque.
Là où Reality Awaits surprend, c'est dans sa capacité à alterner des titres immédiatement accessibles avec d'autres beaucoup plus aventureux. Si certaines compositions rappellent l'ADN rock qui a fait la réputation du groupe, d'autres flirtent avec la new wave, la pop expérimentale ou des sonorités proches des projets parallèles de Casablancas. Un équilibre qui divise, mais qui témoigne d'une réelle volonté de ne pas céder à la nostalgie.
Au final, Reality Awaits n'est probablement pas l'album que tous les amateurs de The Strokes attendaient. En revanche, il confirme qu'après plus de vingt-cinq ans de carrière, le groupe préfère encore prendre des risques plutôt que de recycler ses succès passés. Un retour audacieux, imparfait par moments, mais suffisamment riche pour alimenter les discussions parmi les amateurs de rock indépendant pendant longtemps.




























