Dave Mustaine : « J'étais le mâle alpha de Metallica. »

Dave Mustaine : « J'étais le mâle alpha de Metallica. »

Le leader de Megadeth parle de son passage dans le groupe de James Hetfield et Lars Ulrich.

Figure incontournable du thrash metal, Dave Mustaine n’a jamais été du genre à mâcher ses mots. Né le 13 septembre 1961 à La Mesa, le guitariste et chanteur s’est imposé comme l’un des plus grands guitaristes rythmiques de l’histoire du metal. À la tête de Megadeth, il a façonné une discographie impressionnante, de Killing Is My Business… and Business Is Good! à The Sick, the Dying… and the Dead!, jusqu’à décrocher un Grammy Award en 2017 pour le titre Dystopia.

Mais derrière cette carrière monumentale se cache une blessure jamais totalement refermée : son passage éclair au sein de Metallica.

« J’étais clairement le leader du groupe »

Avant de devenir une légende avec Megadeth, Dave Mustaine est le premier à répondre à une annonce publiée par Lars Ulrich et James Hetfield à Los Angeles. Leur ambition : former un groupe de metal. Mustaine est engagé immédiatement, presque sur simple présence.

Très vite, il s’impose. Dans une interview accordée à Classic Rock, il affirme sans détour :
« J’étais le mâle alpha de Metallica ».

Et il développe :
« C’était moi qui parlais entre les morceaux, qui négociais avec les promoteurs, qui prenais les devants en cas de conflit. »

Une affirmation qui illustre parfaitement son caractère dominant et son rôle clé dans les débuts du groupe.

Une éviction brutale

Pourtant, l’histoire tourne court. À cause de ses problèmes de drogue, d’alcool et d’un comportement jugé incontrôlable, Mustaine est brutalement écarté.

Alors que Metallica arrive à New York pour enregistrer son premier album, Kill 'Em All, Mustaine est renvoyé sans préavis.

Dans ses mémoires, Mustaine: A Heavy Metal Memoir, il raconte :
« Sans aucun avertissement et sans seconde chance ».

Ironie du sort, il a pourtant contribué à l’écriture de plusieurs morceaux présents sur Kill 'Em All ainsi que sur Ride the Lightning.

La revanche avec Megadeth

Blessé mais déterminé, Dave Mustaine transforme cette trahison en moteur. Après un passage par le groupe Fallen Angels et un job dans le télémarketing, il fonde Megadeth avec David Ellefson.

La suite appartient à l’histoire : Megadeth devient l’un des piliers du Big Four du thrash metal, aux côtés de Metallica, Slayer et Anthrax.

Une blessure devenue paix

L’enfance de Mustaine, marquée par une éducation chez les Témoins de Jéhovah et un père alcoolique, explique en partie son rapport viscéral à la musique. Celle-ci devient un refuge, une échappatoire.

Il confie :
« Comment aurais-je pu me sentir à 20 ans, guitariste du groupe le plus en vogue, quand je me suis fait virer ? C’était une trahison. »

Mais avec le temps, les tensions se sont apaisées. Aujourd’hui, Mustaine affirme être en bons termes avec Metallica. Il raconte même avoir envoyé un message à James Hetfield pour le soutenir :
« Tu es un super guitariste. »

Un geste simple, mais révélateur d’une réconciliation apaisée.

Transmettre aux nouvelles générations

Aujourd’hui, Dave Mustaine regarde vers l’avenir. Pour lui, les géants du thrash doivent jouer un rôle actif auprès des jeunes musiciens.

Selon lui, les membres du Big Four devraient davantage partager leurs expériences, transmettre leur savoir et continuer à faire évoluer le son du metal.

Une vision lucide pour celui qui, malgré les conflits et les blessures, reste une figure majeure et indétrônable du metal mondial.