Dans l’histoire du rock engagé, on pense souvent à des groupes comme Green Day ou Rage Against the Machine lorsqu’il s’agit de protester contre l’establishment. Mais quand il s’agit de critiquer ouvertement les actions du gouvernement américain, peu d’artistes ont été aussi constants et passionnés que Bruce Springsteen, alias le Boss.
Depuis ses débuts, Springsteen n’a jamais hésité à mettre sa musique au service des oubliés, des travailleurs et des rebelles — et aujourd’hui, il pousse cette tradition encore plus loin.
Un artiste engagé face à l’ICE
Alors que l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) multiplie les actions controversées à Minneapolis, notamment dans le cadre de l’opération fédérale qui a conduit à plusieurs violences policières dans la ville, Springsteen a sorti un morceau entier en réaction directe à ces événements. Sa chanson “Streets of Minneapolis”, écrite et enregistrée en janvier 2026, est une dénonciation claire de ce que beaucoup perçoivent comme un usage excessif de la force par les agents fédéraux et une répression injustifiée des communautés locales.
Mais Springsteen ne s’est pas arrêté là.
“Born In The U.S.A.” au service de la protestation
Dans un geste rare — et lourd de sens — Bruce Springsteen a donné son accord pour l’utilisation de son hymne emblématique, “Born In The U.S.A.”, dans un clip militant dénonçant les actions de l’ICE. Cette autorisation intervient alors qu’un vidéo-clip militant circule sur les réseaux, intégrant des images récentes de protestations, ainsi que des extraits où Springsteen lui-même critique ouvertement les agents d’immigration, leur demandant de “foutre le camp de Minneapolis”.
Le clip met en lumière plusieurs cas d’arrestations et de violences controversées, dont le meurtre de Renée Nicole Macklin Good, une résidente de Minneapolis tuée par un agent de l’ICE le 7 janvier dernier — un incident considéré comme l’un des premiers homicides de la ville en 2026 et qui a choqué l’opinion publique.
Dans des extraits audio inclus dans la vidéo, on peut également entendre Springsteen déclarer des vérités dures :
“Ils retirent des résidents des rues américaines sans procédure régulière et les expulsent vers des centres de détention et des prisons étrangers.”
Ce type de déclaration, livré avec la gravité qui caractérise le Boss, montre à quel point il prend position — non pas de façon anecdotique, mais avec une conviction profonde et une volonté d’impacter directement le débat public.
La musique comme arme de protestation
Selon Asbury Park Press, Springsteen a autorisé non seulement l’usage de “Born In The U.S.A.”, mais aussi l’intégration de divers extraits de concerts et de commentaires enregistrés lors de shows récents dans lesquels il critiquait les politiques d’immigration de l’administration, y compris celles mises en œuvre par l’ancien président Donald Trump.
Ce n’est pas simplement un accord de licence musicale : c’est un acte de protestation artistique. En prêtant l’un de ses plus grands succès à une œuvre militante, Springsteen transforme une chanson souvent mal interprétée en cri de ralliement contre ce qu’il considère comme une dérive dangereuse de la justice et de l’autorité fédérale.
Dans un monde où les artistes peinent parfois à faire entendre leur voix au milieu du bruit politique, Bruce Springsteen rappelle — encore une fois — que le rock n’est pas mort, qu’il vit dans l’indignation, et qu’il peut encore secouer les consciences.
































