Pink Floyd, l'histoire du solo « perdu » d'Animals !

Pink Floyd, l'histoire du solo « perdu » d'Animals !

Le solo de David Gilmour a été supprimé par erreur par le groupe qui l'a remplacé.

C’est l’une des anecdotes les plus curieuses et fascinantes de l’histoire du rock, un récit longtemps resté confidentiel et aujourd’hui très prisé des collectionneurs. Elle concerne Pink Floyd et une version presque fantôme de leur album culte Animals, sorti en 1977. Une histoire de solo disparu, de hasard en studio et d’un format aujourd’hui disparu : le Super 8.

Un album mythique… et une erreur irréversible

Lors de l’enregistrement d’Animals, Pink Floyd traverse une période de tensions internes, mais reste d’une exigence artistique extrême. Pourtant, au cœur de ce processus minutieux, une erreur technique va laisser une trace inattendue dans l’histoire du groupe.

À l’origine, un solo de guitare de David Gilmour devait apparaître au début de la chanson « Pigs On The Wing », qui ouvre et referme l’album en deux parties distinctes. Problème : ce solo est accidentellement supprimé pendant les sessions d’enregistrement. Impossible de le récupérer.

Plutôt que de tenter de recréer la partie perdue, le groupe prend une décision aussi rapide qu’inattendue.

L’intervention express de Snowy White

Pour résoudre ce problème, Pink Floyd fait appel au guitariste Snowy White, alors proche du groupe. Sa mission : composer un court solo de guitare capable de relier harmonieusement « Pigs On The Wing (Part 1) » et « Pigs On The Wing (Part 2) ».

Le résultat est sobre, élégant et parfaitement intégré à l’univers sombre et cynique d’Animals. Ce solo n’apparaîtra pourtant que sur un seul support : la version Super 8 de l’album.

Le Super 8, format culte des automobilistes

À la fin des années 1970, le Super 8 (ou 8-track) connaît un immense succès, notamment auprès des automobilistes. Son principal avantage ? Il permet d’écouter un album en continu, du début à la fin, sans changer de face ni rembobiner.

C’est sur ce format que la version d’Animals incluant le solo de Snowy White est pressée. Une édition discrète, presque confidentielle, mais aujourd’hui devenue l’une des plus rares de la discographie de Pink Floyd.

Avec la disparition progressive du Super 8 à la fin des années 1980, cette version alternative tombe peu à peu dans l’oubli… jusqu’à récemment.

Un trésor redécouvert par les fans

Pendant des décennies, ce solo reste absent des rééditions officielles de l’album. Il faut attendre l’ère d’Internet et le travail de passionnés pour que l’enregistrement refasse surface. Des copies audio circulent à nouveau, révélant au grand public ce qui avait mystérieusement disparu de la discographie officielle du groupe.

Mais l’histoire devient encore plus incroyable lorsqu’on découvre comment ce solo a été enregistré.

Une prise unique… et historique

Dans une interview accordée à Vinyl Writer Music en 2022, Snowy White revient sur cette séance express, digne d’un scénario de rock’n’roll :

« Pink Floyd m’avait invité en studio et m’avait proposé directement un poste de guitariste d’accompagnement pour la tournée, sans audition. »

Mais juste après la signature, Roger Waters décide de le tester :

« On est retournés en cabine et Roger m’a dit :
"Tiens, autant jouer un truc pendant que tu es là. Pourquoi tu ne ferais pas un solo au milieu de ce morceau ?".
Apparemment, ce morceau, c’était "Pigs on the Wing". »

Snowy White attrape alors une guitare au hasard, fait quelques essais à faible volume… puis Waters tranche :

"OK, prêt ?"

Le bouton rouge est enclenché.

« Ce que vous entendez, c’est la première prise. Je n’ai rien joué d’autre. »

Un seul essai. Une seule prise. Et un solo qui entrera, presque par accident, dans la légende.

Une pièce unique de l’histoire de Pink Floyd

Ce solo « perdu » d’Animals est aujourd’hui considéré comme un artefact musical, symbole d’une époque où le hasard, la confiance et l’instinct pouvaient encore façonner l’histoire du rock.

Invisible dans les versions officielles, mais gravé dans la mémoire des fans les plus avertis, il rappelle une chose essentielle : même chez Pink Floyd, la perfection naît parfois d’une erreur… et d’un moment de pure spontanéité.