Dans l’écosystème foisonnant de la scène rock californienne, peu de batteurs peuvent se targuer d’un parcours aussi dense, éclectique et respecté que Josh Freese. Musicien caméléon, aussi à l’aise derrière les fûts d’un groupe punk que dans les studios les plus prestigieux, Freese est devenu au fil des décennies une véritable référence, autant pour sa technique que pour son professionnalisme.
Son histoire commence très tôt. Adolescent, il fait ses premières armes avec Polo, un groupe monté par son père Stan Freese, engagé pour jouer des reprises lors de spectacles à Disneyland. Une école exigeante, presque absurde pour certains, mais formatrice. Très vite, Josh se retrouve propulsé dans des sphères bien plus sérieuses. En 1988, il collabore avec Ahmet et Dweezil Zappa, les fils de Frank Zappa. Trop jeune pour avoir le permis, il sillonne alors la Californie accompagné par son père, déjà conscient du talent hors norme de son fils.
La suite ressemble à un vertigineux catalogue du rock alternatif et mainstream. The Vandals, avec lesquels il jouera sur tous les albums, deviennent l’un de ses ancrages majeurs. Il rejoint ensuite A Perfect Circle, supergroupe de rock progressif et metal mené par Maynard James Keenan (Tool), aux côtés de James Iha (Smashing Pumpkins), Troy Van Leeuwen (Queens of the Stone Age) et de la bassiste Paz Lenchantin. Une formation ambitieuse, exigeante, à l’image de son jeu.
En parallèle, Josh Freese s’impose comme l’un des batteurs de studio les plus demandés de sa génération. Devo, The Offspring, Nine Inch Nails, Weezer, The Replacements, Foo Fighters… la liste est presque indécente. Il collabore même avec Sting, avec qui il part en tournée, et avec Bruce Springsteen, participant à l’album High Hopes. Une polyvalence rare, qui lui permet de naviguer entre punk, rock industriel, pop et hard rock sans jamais perdre son identité.
Pourtant, une collaboration revient sans cesse dans les discussions : Guns N’ Roses. Entre 1997 et 1999, Josh Freese rejoint le groupe alors mené par Axl Rose, en pleine gestation du mythique — et interminable — album Chinese Democracy. Il participe à l’enregistrement d’au moins 30 titres, finalement écartés de la version finale, où la batterie sera assurée par Bryan Mantia.
C’est son ami Paul Westerberg des Replacements qui le pousse à tenter l’aventure :
« Il m’a dit : Ça a l’air complètement absurde, mais fais-le. Qu’est-ce que tu aimerais faire ? Jouer dans un groupe alternatif super cool comme les Foo Fighters ou un truc du genre ? »
Contrairement aux récits chaotiques souvent associés à cette période des Guns N’ Roses, Josh Freese garde un souvenir étonnamment positif de son passage dans le groupe.
« C’était génial de faire partie de Guns N’ Roses. Les gens veulent entendre des histoires d’horreur sur Axl Rose, mais je n’en ai aucune. Il était facile à travailler avec lui, il était accessible et ouvert aux nouvelles idées. »
Mieux encore, Josh Freese co-écrit le titre phare « Chinese Democracy » avec Axl Rose et contribue également à la production de l’album. Une reconnaissance rare dans un projet aussi contrôlé.
« Quand j’avais une idée qui pourrait fonctionner, il disait toujours : “Je pourrais utiliser ça.” Et il l’a fait. »
Un témoignage qui bouscule les clichés et rappelle qu’au-delà des légendes et des excès, le rock reste avant tout une histoire de création, de collaboration et de respect musical. Et dans cette histoire-là, Josh Freese a définitivement sa place parmi les grands.
































