Blink-182 : L'histoire de "All The Small Things" (et pourquoi Tom DeLonge ne peut plus l'écouter)

Blink-182 : L'histoire de "All The Small Things" (et pourquoi Tom DeLonge ne peut plus l'écouter)

Le guitariste : « Elle passe encore à la radio, mais je change souvent de morceau. Ça me donne l'impression d'avoir onze ans. »

En 1999, alors que le pop punk est en train de devenir un phénomène mondial, Tom DeLonge compose ce qui deviendra l’un des plus grands hymnes de Blink-182 : « All The Small Things ». Une chanson ultra catchy, faussement naïve, mais dont l’origine est bien plus intime qu’il n’y paraît.

Contrairement à ce que beaucoup de fans ont longtemps cru, « All The Small Things » n’est pas une simple déclaration d’amour adolescente. C’est avant tout une chanson d’excuses. À l’époque, Tom est en couple avec Jennifer Jenkins, qui lui reproche régulièrement d’écrire des textes parlant d’autres filles. Lassé… mais lucide, le guitariste-chanteur décide alors d’écrire un morceau entièrement dédié à elle.

Une chanson née de petits gestes bien réels

Le titre même de la chanson prend tout son sens dans des événements très concrets. Avant d’entrer en studio pour enregistrer le morceau, Tom DeLonge envoie des fleurs à Jennifer. Le lendemain matin, elle les dépose sur le perron de sa maison. Ce détail du quotidien, presque banal, devient l’ADN émotionnel du morceau : célébrer les petites attentions, celles qui comptent plus que les grands discours.

Malgré les doutes, les tensions et les tournées, l’histoire semble avoir une fin heureuse : Tom et Jennifer se marient en 2001, avec Jimmy Eat World en invité surprise lors de la réception. Le couple aura deux enfants, Ava et Jonas, avant de divorcer en 2019. Une trajectoire de vie qui donne aujourd’hui à la chanson une résonance presque mélancolique.

Le tube qui a propulsé Blink-182 au sommet

Musicalement, « All The Small Things » devient rapidement une arme massive. Le morceau fait partie de l’album Enema of the State, véritable bombe sortie en 1999, qui propulse Blink-182 du statut de groupe punk irrévérencieux à celui de superstars internationales.

Sorti en single le 18 janvier 2000, le titre atteint la deuxième place des charts américains et la sixième au Royaume-Uni. Mais son succès ne tient pas seulement à sa mélodie imparable : le clip joue un rôle déterminant.

Un clip culte qui se moque de la pop

Dans la vidéo, Blink-182 parodie sans retenue les boys bands et les stars pop de l’époque. Britney Spears, Christina Aguilera, les Backstreet Boys ou encore NSYNC sont caricaturés avec un humour potache devenu légendaire. Le message est clair : Blink-182 est partout, mais ne se prend jamais au sérieux.

Ce tournage va d’ailleurs changer la vie d’un autre membre du groupe. Mark Hoppus y rencontre Skye Everly, qui deviendra plus tard sa femme. Une chanson, deux histoires d’amour… et une époque figée à jamais.

Pourquoi Tom DeLonge ne supporte plus la chanson

Ironie du sort : le morceau qui a tout changé est aujourd’hui celui que Tom DeLonge ne peut plus écouter. Le musicien l’a reconnu sans détour :

« Elle passe encore à la radio, mais je change de station. Elle me donne l’impression d’avoir onze ans. »

Pour Tom, « All The Small Things » est devenue un miroir trop fidèle de sa jeunesse. Trop simple. Trop répétée. Trop associée à une image figée du groupe.

Mark Hoppus, gardien de la mémoire pop punk

À l’inverse, Mark Hoppus garde un souvenir ému du morceau et de son impact sur toute une génération d’adolescents américains. Sur Twitter, il revient notamment sur l’un des détails les plus intrigants de la chanson : le mot « commerating ».

Interpellé par la podcasteuse Ashley Hamilton, Mark explique la genèse de ce terme improbable :

« Tom avait déjà utilisé deux mots, “watching” et “waiting”, et il lui manquait cinq syllabes. C’est comme ça qu’est né ce mot. On savait que beaucoup de jeunes ne le comprendraient pas, mais ça a bien fonctionné. »

Résultat : des milliers de fans ont grandi en chantant des paroles… qu’ils comprenaient de travers. Sur les réseaux, beaucoup ont avoué les mots incorrects qu’ils pensaient entendre à l’époque.

Une chanson éternelle, malgré tout

Que Tom DeLonge l’évite ou non, « All The Small Things » reste un symbole absolu de l’explosion du pop punk à la fin des années 90. Une chanson imparfaite, spontanée, sincère, qui continue de fédérer les foules et de faire hurler les refrains en concert.

Parce qu’au fond, ce sont souvent les petites choses qui traversent le mieux le temps.