Dans l’histoire déjà mouvementée d’Oasis, les départs et clashs ont toujours fait partie du décor. Mais en janvier 2004, le groupe britannique franchit un nouveau cap dans l’art de la rupture froide et brutale. Cette fois, pas de conférence de presse, pas d’interview fleuve, pas même un appel téléphonique : Alan White, batteur du groupe depuis près de dix ans, apprend qu’il est viré… via le site internet officiel d’Oasis.
Alan White, pilier discret de l’ère dorée d’Oasis
Arrivé en 1995 pour remplacer Tony McCarroll, Alan White s’impose rapidement comme un élément clé du son Oasis. Il est derrière les fûts sur des albums majeurs comme (What’s the Story) Morning Glory?, Be Here Now, Standing on the Shoulder of Giants ou encore Heathen Chemistry. Moins explosif que ses prédécesseurs, plus technique et précis, White apporte une stabilité rythmique bienvenue à un groupe souvent au bord de l’implosion.
Pendant près d’une décennie, il incarne cette période où Oasis règne encore sur les stades, malgré les tensions permanentes entre les frères Gallagher.
Janvier 2004 : la rupture silencieuse
Au début de l’année 2004, Oasis travaille sur ce qui deviendra plus tard l’album Don’t Believe the Truth. Mais en coulisses, quelque chose se fissure. Alan White est de moins en moins présent lors des sessions. Officiellement, on évoque des problèmes personnels, un manque d’implication, une direction artistique qui ne colle plus.
Puis vient l’annonce. Sèche. Brutale. Publiée directement sur le site internet officiel d’Oasis.
Sans détour, le message indique que Alan White ne fait plus partie du groupe. Pas de remerciements appuyés, pas d’hommage à ses années de service. Juste une information, balancée comme une mise à jour banale. Pour les fans, le choc est réel. Pour le principal intéressé, la méthode est glaçante.
Une décision typiquement Oasis
Virer un membre par site internet, c’est peut-être choquant, mais c’est aussi terriblement cohérent avec l’ADN d’Oasis. Un groupe connu pour son manque de diplomatie, son franc-parler et sa capacité à brûler ses ponts sans se retourner.
Dans les jours qui suivent, la presse musicale s’empare de l’affaire. Le départ d’Alan White est confirmé, et son remplaçant ne tarde pas à être annoncé : Zak Starkey, fils de Ringo Starr, déjà réputé pour son jeu explosif avec The Who.
Un tournant pour le groupe
Avec Zak Starkey, Oasis change de dynamique. Plus rock, plus nerveux, le groupe retrouve une certaine énergie sur scène et en studio. Don’t Believe the Truth sera salué comme un retour en forme, mais pour beaucoup de fans, le départ d’Alan White marque la fin d’une époque.
Celle d’un Oasis encore capable d’aligner des hymnes planétaires, mais déjà rongé par ses propres méthodes expéditives.
Le jour où tout a basculé
Ce jour de janvier 2004, Oasis n’a pas seulement viré son batteur. Le groupe a aussi montré à quel point ses relations internes pouvaient être impersonnelles, presque cliniques. Apprendre son licenciement via un site internet, quand on a participé à certains des plus grands albums de la Britpop, reste l’un des épisodes les plus froids et symboliques de l’histoire du groupe.
































