À l’occasion de la sortie d’Engines of Demolition, le nouvel album de Black Label Society, Zakk Wylde est revenu sur un sujet souvent évoqué dans l’industrie musicale : la rivalité entre musiciens. Pour le guitariste américain, cette idée est largement surestimée. Et pour illustrer sa pensée, il utilise une comparaison pour le moins inattendue.
« Ça n'existe pas, c'est comme être jaloux d'une pizza. Certains préfèrent la margherita, d'autres la pepperoni. Elles sont toutes bonnes, il n'y a pas de gagnant », explique-t-il. Selon lui, le récent concert Back to the Beginnings organisé à Birmingham en est la preuve parfaite. « Il n'y a pas de rivalité ni d'ego dans le rock. Et le concert de Birmingham l'a prouvé. »
Une carrière guidée par la collaboration
Cette vision reflète parfaitement le parcours de Zakk Wylde, qui s’est construit une carrière marquée par les collaborations et les projets multiples. Originaire du New Jersey, le guitariste fait ses débuts dans la scène hard rock locale avant de connaître un tournant décisif en 1987. Cette année-là, il auditionne pour remplacer Jake E. Lee au sein du groupe de Ozzy Osbourne.
L’aventure se révèle déterminante. Aux côtés du Prince des Ténèbres, Wylde participe à plusieurs albums majeurs : No Rest For the Wicked en 1988, No More Tears en 1991 et Ozzmosis en 1995. Il accompagne également Ozzy sur de nombreuses tournées, notamment la spectaculaire No More Tours II, et participe à son intronisation au Rock and Roll Hall of Fame.
Mais le guitariste ne s’arrête pas là. Il fonde plusieurs projets personnels, dont Pride & Glory et Black Label Society, tout en multipliant les collaborations. On le retrouve notamment dans Zakk Sabbath, un groupe de reprises dédié à Black Sabbath, ou encore dans le supergroupe Generation Axe aux côtés de Steve Vai, Yngwie Malmsteen et Nuno Bettencourt. Plus récemment, il a également rejoint Pantera sur scène.
Un nouvel album marqué par l’énergie de Pantera
Avec Black Label Society, Zakk Wylde a désormais une discographie impressionnante : douze albums, de Sonic Brew en 1998 jusqu’à Engines of Demolition, sorti le 27 mars.
Le guitariste révèle que la conception du disque a pris bien plus de temps que prévu. « J'ai commencé à travailler dessus en 2022, avant de partir en tournée avec Pantera. Je pensais que ce serait court, mais finalement, ça a duré quatre ans. »
L’expérience au sein de Pantera a d’ailleurs laissé une empreinte évidente sur le disque. « L'énergie de Dimebag Darrell était inépuisable et contagieuse. Même si c'était le pire jour de votre vie, quand il arrivait, tout changeait. Sa puissance résidait dans les riffs. »
Pour Zakk Wylde, rendre hommage à Dimebag Darrell et à son frère Vinnie Paul passe avant tout par une philosophie simple : « Je dis toujours : si vous voulez rendre hommage à Dimebag Darrell et Vinnie Paul, vous devez vivre pleinement votre vie. »
Un hommage émouvant à Ozzy Osbourne
Le nouvel album contient également un titre très personnel : « Ozzy's Song », dédié à Ozzy Osbourne.
« J'avais déjà composé la musique », raconte le guitariste. « À mon retour de la tournée Pantera, après le décès d'Ozzy, je me suis assis dans mon studio, devant une bibliothèque, et j'ai vu sa biographie. J'ai mis la musique et j'ai écrit les paroles sur-le-champ. »
Pour Zakk Wylde, certaines figures du rock sont tout simplement immortelles. Ozzy Osbourne, Dimebag Darrell et Vinnie Paul ont laissé une empreinte indélébile dans l’histoire du genre.
« Je joue leurs morceaux tous les soirs avec Pantera ou Zakk Sabbath. Chaque fois qu'un jeune prend une guitare ou une batterie et joue un de leurs titres, Ozzy, Vinnie et Paul sont vivants. C'est magnifique. »
Dans l’esprit du guitariste, l’héritage du rock ne repose donc pas sur la compétition, mais sur la transmission. Et c’est précisément cette passion partagée qui, selon lui, continue de faire vivre la musique.
































