Combien de fois avons-nous entendu l’expression « le rock est mort » ? Depuis des années, elle revient comme un refrain usé, souvent brandi par les plus nostalgiques des grandes heures du rock. Selon eux, après les groupes légendaires qui ont marqué l’histoire, plus rien d’aussi puissant, d’aussi authentique n’aurait vu le jour. Une vision fataliste qui annoncerait la lente agonie du rock.
Pourtant, cette affirmation mérite clairement d’être nuancée. De nombreux groupes historiques sont toujours en activité, tandis que de jeunes formations rock continuent d’émerger aux quatre coins du globe. Le rock n’a peut-être pas disparu : il s’est simplement transformé. Un avis que partage pleinement Zakk Wylde, guitariste emblématique et fondateur de Black Label Society, qui s’est exprimé sur le sujet dans une interview accordée à Loudwire.
« Je pense que cela s'applique à tous les styles de musique, qu'il s'agisse de metal, de jazz ou autre », explique-t-il. « Tout le monde dit que le rock est mort, mais cela vaut pour tous les genres musicaux. » Pour illustrer son propos, Wylde prend l’exemple du disco : « Le disco est-il mort ? Non. Le Studio 54, qui était en pleine effervescence dans les années 70 et 80, a fermé ses portes, mais l’esprit est toujours là. »
Selon lui, les clubs électro, les soirées rave et la musique à BPM élevé ne sont finalement qu’une continuité moderne de cette époque mythique. « Ce genre de musique a simplement évolué », résume-t-il.
Le raisonnement est le même pour le rock. « Il n’est pas mort, il a juste changé d’apparence », poursuit Zakk Wylde. « On pourrait dire que le jazz est mort, mais ce n’est pas vrai : il existe encore d’incroyables musiciens de jazz. Il en va de même pour le rock, le metal, le black metal, le death metal… » Pour le guitariste, tous les styles traversent des phases, mais aucun ne disparaît réellement.
Farouchement à contre-courant, le musicien dénonce aussi une autre idée reçue : celle de la mort de la guitare. « J’entends souvent dire que la guitare est un instrument mort », confie-t-il. « Puis on va sur les réseaux sociaux et on découvre une quantité hallucinante de guitaristes incroyables. Et malgré ça, certains osent encore dire que la guitare est morte ? Ça n’a aucun sens. » Sa conclusion est sans appel : « Certaines choses ne meurent jamais. Elles naissent, mais ne meurent jamais. »
Après cette réflexion globale sur l’état du rock, Zakk Wylde est revenu sur son parcours musical, notamment ses années passées aux côtés du regretté Ozzy Osbourne. Fidèle à son humour, il raconte : « Parfois, des gens me disent après m’avoir entendu jouer du Black Sabbath ou du Jimi Hendrix : “Je n’ai jamais entendu un son aussi horrible de toute ma vie !” » Une remarque qui l’amuse toujours, rappelant ses débuts adolescents : « Quand j’avais 15 ou 16 ans, je jouais déjà du Black Sabbath et du Hendrix dans des fêtes. Aujourd’hui, je joue encore dans des fêtes… elles sont juste un peu plus grandes. »
Pour Zakk Wylde, le plus important reste de continuer à jouer, à progresser et à se dépasser. « Il y a toujours de nouveaux défis », affirme-t-il. « Je suis un artiste et j’aime les relever, même s’ils comportent des risques. » Et d’illustrer son propos avec une métaphore aussi inattendue que savoureuse : « C’est comme porter des talons de 8 à 10 cm, risquer une fracture, une entorse ou une déchirure… mais continuer malgré tout. »
Avec autodérision, il conclut : « Je passe beaucoup de temps à assortir mes collants résille, mes talons, mon blush ou mon fard à paupières. Je perds un temps fou, mais je fais ces sacrifices pour l’art. »
Un message clair, porté par une figure majeure du rock moderne : le rock n’est pas mort, il vit, évolue et continue de rugir — tant qu’il y aura des artistes prêts à prendre des risques et à monter sur scène, guitare en main.
































