Une voix emblématique de la contre-culture américaine vient de s’éteindre. Country Joe McDonald, figure du rock engagé des années 1960 et leader du groupe Country Joe and the Fish, est mort le 7 mars 2026 à l’âge de 84 ans. L’artiste restera à jamais associé à l’un des moments les plus marquants de l’histoire du rock : sa prestation électrique lors du mythique Woodstock Festival.
Une voix de la contestation dans le rock des années 60
Dans l’effervescence de la scène psychédélique de San Francisco, Country Joe McDonald s’impose à la fin des années 1960 comme l’une des voix les plus politiques du rock américain. Avec Country Joe and the Fish, il mélange rock psychédélique, folk contestataire et satire politique, dans un contexte marqué par la contestation de la guerre du Vietnam.
Le groupe devient rapidement un symbole de la contre-culture hippie, aux côtés d’artistes comme Jefferson Airplane ou Grateful Dead. Mais c’est surtout la plume acérée de McDonald qui attire l’attention : ses chansons dénoncent la guerre, l’hypocrisie politique et l’absurdité du patriotisme aveugle.
Le moment Woodstock qui a marqué l’histoire du rock
Le 17 août 1969, devant des centaines de milliers de personnes réunies au Woodstock Festival, Country Joe McDonald entre dans la légende. Seul sur scène avec sa guitare, il entonne “I-Feel-Like-I’m-Fixin’-to-Die Rag”, une chanson anti-guerre devenue l’un des hymnes les plus célèbres de l’époque.
Le moment débute par le fameux “Fish Cheer”, lorsque le chanteur fait scander la foule lettre par lettre avant de lancer le refrain :
“And it’s one, two, three, what are we fighting for?”
La scène, immortalisée dans le film Woodstock, reste aujourd’hui l’une des images les plus fortes de l’histoire du rock engagé.
Une carrière marquée par l’engagement
Après l’apogée de la fin des années 60, Country Joe McDonald poursuit une carrière solo plus discrète, restant fidèle à ses convictions pacifistes et à ses racines folk. Moins médiatique que certaines icônes de sa génération, il n’en demeure pas moins une figure essentielle de la musique protestataire.
Son héritage dépasse les ventes de disques : il incarne une époque où le rock se faisait aussi arme politique et voix d’une génération.
Avec la disparition de Country Joe McDonald, c’est une page importante de la contre-culture des années 60 qui se tourne. Mais son cri lancé à Woodstock résonne encore comme un rappel : le rock peut aussi être un acte de résistance.
































