Après près de trois décennies passées au sein de Genesis, Phil Collins annonce son départ du groupe en mars 1996. Une décision qui marque la fin d'une époque pour l'une des formations les plus populaires de l'histoire du rock britannique. Si Genesis tentera de poursuivre l'aventure avec le chanteur écossais Ray Wilson, ce changement de frontman donnera à beaucoup l'impression d'assister aux derniers instants du groupe.
La fin d'une aventure de près de 30 ans
Lorsque Phil Collins rejoint Genesis en 1970 en tant que batteur, personne n'imagine encore qu'il deviendra l'une des plus grandes stars de la musique. Après le départ de Peter Gabriel en 1975, Collins prend progressivement les commandes du chant et contribue à transformer Genesis d'un groupe de rock progressif en une machine à succès internationale.
Durant les années 1980 et 1990, le groupe enchaîne les albums à succès avec des titres devenus incontournables comme "Invisible Touch", "Land of Confusion", "Mama" ou encore "I Can't Dance". En parallèle, Phil Collins mène également une carrière solo phénoménale.
Mais au milieu des années 1990, l'artiste souhaite se consacrer à ses projets personnels et à sa famille. Dans un communiqué devenu célèbre, il déclare avoir décidé de quitter Genesis afin d'explorer de nouvelles opportunités musicales.
Un remplaçant inattendu : Ray Wilson
Déterminés à poursuivre l'aventure, les membres fondateurs Tony Banks et Mike Rutherford se mettent à la recherche d'un nouveau chanteur. Leur choix se porte sur Ray Wilson, alors connu pour être le leader du groupe écossais Stiltskin.
Le contraste avec Phil Collins est immédiat. Là où Collins possédait une voix chaleureuse et reconnaissable entre mille, Wilson affiche un timbre plus sombre et plus proche du rock alternatif des années 1990. Ce changement de direction artistique surprend les fans comme les observateurs.
En 1997, Genesis publie l'album "Calling All Stations", premier et unique disque studio enregistré avec Ray Wilson. Malgré quelques critiques positives et une ambition artistique réelle, le projet peine à convaincre le grand public.
Un succès commercial loin des standards de Genesis
Le principal problème n'est pas tant la qualité de l'album que l'absence de Phil Collins. Aux yeux du public, Genesis est alors fortement associé à sa personnalité, sa voix et son charisme.
Les ventes de "Calling All Stations" restent très éloignées des triomphes précédents du groupe. Aux États-Unis, l'album passe presque inaperçu, tandis que certaines dates de tournée doivent être annulées faute d'une demande suffisante.
Pour beaucoup de fans, Genesis sans Phil Collins n'est tout simplement plus Genesis.
Le dernier chapitre avant le silence
Après la tournée de 1998, le groupe entre dans une longue période d'inactivité. Aucun nouvel album n'est enregistré avec Ray Wilson et la collaboration prend rapidement fin.
Avec le recul, cette période apparaît comme un épilogue plutôt qu'un nouveau départ. Si Ray Wilson a souvent été salué pour ses qualités vocales, il est arrivé à un moment où Genesis semblait avoir déjà atteint la fin de son cycle.
Il faudra attendre 2007 pour revoir Phil Collins, Tony Banks et Mike Rutherford réunis lors de la tournée "Turn It On Again", une réunion qui confirmera à quel point Collins demeurait l'élément central de l'identité du groupe.
Aujourd'hui encore, l'ère Ray Wilson reste l'un des chapitres les plus fascinants de l'histoire de Genesis. Une tentative courageuse de prolonger l'aventure, mais qui, pour beaucoup, sonnait déjà comme les prémices de la fin d'un des plus grands groupes de l'histoire du rock.




























