Il y a des figures qui dépassent le simple statut de musicien pour devenir des piliers fondateurs. Et lorsqu’un monument comme Angus Young désigne son « dieu du rock », le choix résonne comme une évidence historique.
Bien avant lui, John Lennon avait déjà posé les bases du débat dans une interview restée célèbre :
« S'il fallait donner un autre nom au rock 'n' roll, il vaudrait mieux l'appeler Chuck Berry. »
Des décennies plus tard, le guitariste d’AC/DC rejoint cette vision sans hésiter. Invité à choisir une figure pour la rubrique « Rock God » de l’émission The Rock Show With Johnnie Walker sur la BBC, Angus Young a tranché :
Chuck Berry est, selon lui, l’incarnation même du rock.
Chuck Berry, l’architecte du rock
Pour Angus Young, le constat est limpide :
« Il est sans conteste le guitariste le plus important de l'histoire du rock. »
Il insiste sur un point essentiel : la simplicité apparente d’un style en réalité révolutionnaire.
« Son style était unique, combinant de nombreux éléments différents, dont le blues et le jazz, pour créer le rock 'n' roll. Simple, mais terriblement efficace. »
Ce mélange de blues, de jazz et d’énergie brute constitue la matrice même du rock moderne. Un ADN que l’on retrouvera plus tard dans les riffs incendiaires d’AC/DC.
Une présence scénique inégalable
Mais au-delà de la technique, c’est la présence scénique de Chuck Berry qui a marqué Angus Young :
« J'ai adoré son jeu et sa présence scénique. Il faisait partie de ces artistes qui s'appropriaient totalement la scène. »
Une description qui pourrait presque s’appliquer à Angus lui-même, connu pour ses performances électriques et son énergie inépuisable sur scène.
Des débuts modestes à la Gibson SG
Le parcours d’Angus Young commence loin des stades remplis. Adolescent, il joue sur un banjo six cordes réaccordé, avant que sa mère ne lui offre une Gibson SG d’occasion — une guitare devenue indissociable de son image.
Installé à Sydney après l’émigration familiale depuis l’Écosse en 1963, il grandit dans un environnement où la musique est omniprésente. Une richesse culturelle qui façonnera son identité artistique.
Les révélations : Hendrix et les Yardbirds
À 13 ans, une claque musicale va bouleverser sa vision :
la découverte de Jimi Hendrix.
« J’ai entendu Purple Haze et je me suis demandé : "Comment fait-il pour jouer comme ça ?" »
Peu après, un concert des The Yardbirds — avec Jimmy Page — vient compléter cette révélation :
« C'était un son qui vous prenait aux tripes ; impossible de rester indifférent. »
Pour Angus, Hendrix a ensuite fait passer la guitare à un tout autre niveau.
Une technique forgée dans l’humilité
Contrairement à l’image du virtuose instinctif, Angus Young avoue ne pas avoir été un prodige :
« Beaucoup de gars comprenaient les notes immédiatement, mais moi, j’en étais incapable. »
Il s’appuie alors sur son frère Malcolm Young, avec qui il fonde AC/DC en 1973 :
« Note les notes, montre-les-moi et je les jouerai. »
Une méthode simple, mais redoutablement efficace — à l’image de son jeu.
Des influences éclectiques
Si Chuck Berry reste son pilier, Angus revendique des influences variées :
- rock ‘n’ roll
- folk
- jazz
Il cite même Louis Armstrong comme source d’inspiration :
« J'ai appris à jouer son solo de trompette à la guitare. »
Une preuve que derrière les riffs tranchants d’AC/DC se cache une culture musicale bien plus large qu’il n’y paraît.
Le lien entre deux légendes
En désignant Chuck Berry comme son « dieu du rock », Angus Young ne fait pas que rendre hommage. Il rappelle une vérité fondamentale :
Le hard rock n’est qu’une évolution directe du rock ‘n’ roll originel.
Entre les pas de danse de Chuck Berry et les solos fulgurants d’Angus Young, il existe un fil conducteur :
celui d’une musique simple, énergique, et universelle.
Et si le rock devait porter un autre nom, comme le suggérait John Lennon…
il est clair qu’Angus Young serait du même avis.




























