Brian Jones : l’architecte originel des Rolling Stones

Brian Jones : l’architecte originel des Rolling Stones

Le 28 février 1942 naissait à Cheltenham celui qui allait devenir l’un des visages les plus fascinants et tourmentés du rock britannique : Brian Jones.

Le 28 février 1942 naissait à Cheltenham celui qui allait devenir l’un des visages les plus fascinants et tourmentés du rock britannique : Brian Jones. Multi-instrumentiste de génie, esthète flamboyant et âme fondatrice des The Rolling Stones, il demeure l’une des figures les plus mythiques – et tragiques – des années 60.

Avant même que le monde ne scande le nom de Mick Jagger et Keith Richards, c’est Brian Jones qui a l’idée du groupe. Passionné de blues américain, admirateur de Muddy Waters et de Elmore James, il rêve d’importer cette musique brute en Angleterre.

En 1962, à Londres, il rassemble autour de lui de jeunes musiciens obsédés par le rhythm and blues. Le nom du groupe ? Inspiré d’un morceau de Muddy Waters. Les Rolling Stones sont nés.

Guitariste slide au toucher unique, Jones est d’abord le leader naturel du groupe. Sur scène, son charisme magnétique et son look androgyne captivent. Il incarne le danger, l’élégance décadente et la rébellion pure.

Un musicien visionnaire et expérimental

Si le tandem Jagger/Richards s’impose rapidement comme le moteur créatif du groupe, Brian Jones reste l’âme sonore des premières expérimentations.

C’est lui qui apporte cette richesse instrumentale sur des titres devenus cultes :

  • Sitar sur Paint It Black

  • Marimba sur Under My Thumb

  • Dulcimer sur Lady Jane

  • Mellotron, harmonica, percussions exotiques…

Brian Jones ne se contente pas de jouer de la guitare. Il explore, il colore, il transforme. Son approche élargit le spectre du rock et participe à faire des Stones un groupe à part.

À l’époque de la sortie de l’album Aftermath, son empreinte artistique est indéniable : le rock devient plus baroque, plus audacieux.

L’icône des sixties, entre lumière et vertige

Brian Jones, c’est aussi une silhouette. Une coupe de cheveux devenue signature. Des vestes en velours, des foulards, un regard clair et fragile.

Mais derrière l’image, les tensions s’accumulent. Les relations avec Jagger et Richards se dégradent. Les excès prennent le dessus. Drogues, problèmes judiciaires, instabilité émotionnelle : le génie vacille.

En 1969, il est officiellement écarté des Rolling Stones.

Moins d’un mois plus tard, le 3 juillet 1969, Brian Jones est retrouvé sans vie dans la piscine de sa maison à Hartfield. Il a 27 ans.

Il devient l’un des premiers membres du tristement célèbre “Club des 27”, aux côtés de Jimi Hendrix, Janis Joplin ou encore Jim Morrison.

Un héritage éternel

Brian Jones n’a peut-être pas signé les plus grands hits des Rolling Stones. Mais sans lui, le groupe n’aurait jamais existé.

Il en a été l’étincelle. L’initiateur. Le catalyseur.

Son sens de l’arrangement, son amour viscéral du blues et son audace instrumentale ont profondément marqué l’histoire du rock britannique.

Aujourd’hui encore, son aura plane sur chaque riff des Stones. Et à chaque écoute des premiers albums, on entend cette patte singulière, ce goût du risque, cette élégance électrique.

Demain, pour son anniversaire, on ne célèbre pas seulement un musicien disparu trop tôt. On rend hommage à un fondateur, à un pionnier, à un artiste qui a transformé une passion pour le blues en révolution mondiale.

Brian Jones était le premier Rolling Stone. Et il restera, à jamais, l’un des plus fascinants fantômes du rock.