Ce vendredi 27 février, Amazon Prime Video dévoile Man on The Run, un documentaire événement consacré à la naissance, à l’ascension et à la consécration des Wings. Plus qu’un simple film musical, le long-métrage s’impose comme une plongée intime dans l’une des périodes les plus fascinantes de la carrière de Paul McCartney : celle de sa renaissance artistique après la fin des The Beatles.
À travers des images inédites, des témoignages familiaux et des interventions de figures majeures comme Mick Jagger, John Lennon ou Sean Ono Lennon, Man on The Run redessine l’histoire d’un pari fou devenu triomphe.
1970 : La chute d’un empire
Quand les Beatles se séparent officiellement en 1970, le monde du rock est sous le choc. McCartney, longtemps perçu comme le mélodiste lumineux du groupe, se retrouve soudainement isolé. Les tensions internes, les différends artistiques et la pression médiatique ont eu raison du quatuor de Liverpool.
Le documentaire insiste sur cet état de fragilité : un Paul déprimé, retiré en Écosse avec sa femme Linda, tentant de retrouver un sens à sa vie. Loin des stades et de la Beatlemania, il compose dans l’intimité, presque en autarcie.
Mais McCartney n’est pas du genre à rester immobile.
La naissance des Wings : un pari risqué
En 1971, contre toute attente, il fonde Wings avec Linda McCartney et le guitariste Denny Laine. Le monde musical ricane. Former un nouveau groupe après avoir appartenu aux Beatles ? Mission suicide.
Man on The Run montre à quel point ce choix était audacieux. Plutôt que de capitaliser uniquement sur son nom, McCartney décide de repartir de zéro : tournées universitaires improvisées, concerts surprises, cachets modestes. Il veut redevenir un musicien parmi les musiciens.
Cette stratégie, presque humble, déconcerte l’industrie. Mais elle pose les bases d’une nouvelle aventure.
Band on the Run : l’album de la consécration
En 1973, les Wings frappent fort avec Band on the Run. Enregistré dans des conditions chaotiques au Nigeria, l’album devient un succès mondial. Le titre éponyme s’impose comme un hymne générationnel.
Le documentaire met en lumière cette période électrique : tensions internes, départs de membres, mais aussi explosion créative. McCartney prouve qu’il n’est pas seulement “l’ex-Beatle” — il est un leader capable de réinventer son propre mythe.
Les interventions croisées de Mick Jagger et Sean Ono Lennon soulignent d’ailleurs ce tournant : les Wings ne sont pas une parenthèse, mais un chapitre majeur de l’histoire du rock des années 70.
Une machine à tubes et à tournées
Avec des albums comme Venus and Mars ou Wings at the Speed of Sound, les Wings enchaînent les succès. Les tournées deviennent gigantesques, notamment le mythique “Wings Over the World Tour”.
Le film insiste sur cette montée en puissance : McCartney retrouve les sommets, mais cette fois sans l’ombre des Beatles. Il assume pleinement son rôle de chef d’orchestre rock, alternant ballades délicates et morceaux explosifs.
Un héritage longtemps sous-estimé
Pendant longtemps, les Wings ont été perçus comme un simple prolongement de l’aventure Beatles. Pourtant, Man on The Run démontre le contraire : le groupe incarne la capacité de McCartney à se réinventer dans une décennie dominée par le glam, le hard rock et les expérimentations.
En recontextualisant l’époque et en donnant la parole aux proches de Paul, le documentaire révèle un artiste déterminé à ne pas vivre dans la nostalgie.
Une renaissance artistique capturée à l’écran
Plus qu’un récit chronologique, Man on The Run est le portrait d’un homme qui refuse la chute. À travers des archives rares, des confidences familiales et des analyses de ses pairs, le film montre comment McCartney a transformé une fin brutale en nouveau départ.
Les Wings ne sont pas nés d’une stratégie marketing, mais d’un besoin vital : continuer à créer.
Et c’est peut-être là que réside la force du documentaire. Il ne raconte pas seulement l’histoire d’un groupe, mais celle d’une résilience artistique.
Ce vendredi, les fans de rock et les curieux découvriront qu’après les Beatles, Paul McCartney n’a pas cherché à survivre.
































