Sean Dowdell (Grey Daze) à propos de Chester Bennington: « Il a été blessé par les critiques des fans concernant son album One More Light. »

Sean Dowdell (Grey Daze) à propos de Chester Bennington: « Il a été blessé par les critiques des fans concernant son album One More Light. »

Le batteur a partagé les secrets de son ami, expliquant à quel point les critiques des détracteurs l'avaient blessé.

Le décès de Chester Bennington en juillet 2017 continue de bouleverser le monde du rock. Près de neuf ans après sa disparition, Sean Dowdell, ami proche du chanteur et ancien batteur de Grey Daze, s’est confié avec émotion sur les dernières années de vie du frontman de Linkin Park. Dans une interview accordée à Kaaos TV, il révèle à quel point les critiques reçues autour de l’album One More Light avaient profondément affecté Chester Bennington.

Une souffrance cachée derrière un sourire permanent

Sean Dowdell explique que malgré son image solaire et son énergie communicative, Chester Bennington luttait depuis longtemps contre de lourds démons intérieurs : la dépression, l’anxiété et les traumatismes liés aux abus qu’il avait subis durant son enfance.

« Chester était quelqu’un de très joyeux la plupart du temps », raconte Dowdell. « Je pense que c’est comme ça que fonctionne la dépression : la personne que l’on voit en apparence est heureuse et de bonne humeur 99 % du temps. »

Le musicien compare même son ami à des personnalités comme Robin Williams ou Anthony Bourdain, qui affichaient publiquement une personnalité lumineuse tout en souffrant intérieurement.

Selon lui, Chester Bennington cachait constamment sa douleur, ne laissant apparaître sa détresse que par moments très furtifs.

Les critiques autour de One More Light l’ont profondément atteint

Sorti en mai 2017, quelques semaines avant la mort du chanteur, l’album One More Light marque un tournant pop assumé pour Linkin Park. Un changement artistique qui avait divisé une partie des fans historiques du groupe.

Sean Dowdell affirme que cette vague de critiques a particulièrement affecté Chester Bennington.

« Il a reçu de nombreuses critiques négatives de la part des fans, et cela l’inquiétait beaucoup », explique-t-il. « Il était tellement déprimé qu’il se mettait à répondre aux gens sur Twitter, mais ça l’énervait encore plus. »

Le batteur raconte avoir tenté de rassurer son ami en lui répétant que la musique restait bonne et qu’il ne devait pas se laisser atteindre par les commentaires haineux publiés en ligne.

Selon lui, le groupe avait l’habitude d’être porté par l’admiration du public, et la réaction d’une minorité de fans a fini par devenir un véritable poids psychologique pour le chanteur.

« Il ne se sentait jamais assez bien »

Sean Dowdell va encore plus loin en évoquant le profond mal-être qui habitait Chester Bennington depuis des années.

« Il avait un vide intérieur », affirme-t-il. « Même après un concert, lorsque des milliers de personnes venaient lui dire à quel point il avait changé leur vie, au fond, Chester ne l’entendait pas vraiment. »

Le chanteur lui aurait confié à plusieurs reprises ses doutes constants :

« J’ai l’impression de ne pas être assez intelligent. Je ne pense pas être à la hauteur. »

Dowdell explique lui avoir répondu que son talent importait moins que sa personnalité et sa gentillesse :

« Peu m’importe que tu chantes bien ou mal, ce qui m’importe, c’est que tu sois une bonne personne. »

Un témoignage bouleversant sur la fragilité des artistes

À travers ce témoignage, Sean Dowdell rappelle combien la santé mentale des artistes reste un sujet majeur, même pour des figures adulées dans le monde entier. Derrière le succès colossal de Linkin Park, Chester Bennington continuait de lutter contre un sentiment permanent d’insuffisance et une souffrance qu’il parvenait rarement à exprimer pleinement.

Pour Sean Dowdell, une chose reste certaine : malgré ses blessures profondes, Chester Bennington était avant tout « un ami exceptionnel ».