L’histoire du rock regorge de rencontres improbables, mais celle entre Brian Johnson et AC/DC relève presque du miracle. Dans une récente interview accordée au podcast Let There Be Rock, le chanteur est revenu avec humour et émotion sur ce moment décisif qui allait changer sa vie — et celle du groupe — à jamais.
Une audition inattendue après un drame
En mars 1980, quelques semaines seulement après la disparition tragique de Bon Scott, AC/DC est à la recherche d’une nouvelle voix. C’est dans ce contexte chargé que Brian Johnson est invité à auditionner.
Mais fidèle à son tempérament décontracté, le chanteur arrive… avec une heure de retard. La raison ? Une partie de billard improvisée avec des techniciens du groupe, qui ignoraient totalement qu’il était là pour tenter sa chance. Une entrée en matière presque irréelle pour un moment aussi crucial.
Lorsqu’il finit par rejoindre le studio Vanilla, Malcolm Young l’accueille simplement, une bouteille de Newcastle Brown Ale à la main. L’ambiance est posée. L’audition peut commencer.
Une performance décisive
Pour convaincre, Brian Johnson choisit d’interpréter « Nutbush City Limits » de Ike and Tina Turner, avant d’enchaîner avec « Highway to Hell », un classique d’AC/DC. Une prestation brute, habitée, qui marque immédiatement les esprits.
Dans le podcast, Angus Young se souvient :
« Brian a bu une bière ou deux avec Mal… Puis Mal lui a dit : “Si tu reviens, on verra.” »
Une semaine plus tard, Johnson revient. Cette fois, tout le groupe est présent. Une vraie répétition commence, et quelque chose de spécial se produit.
La naissance de « Back in Black »
Après le départ de Johnson, Angus et Malcolm Young continuent de jouer. Cette session improvisée pose les bases de ce qui deviendra Back in Black, l’un des albums les plus emblématiques de l’histoire du rock.
Angus propose alors de retravailler une ancienne idée musicale, persuadé que la voix de Johnson pourrait l’emmener encore plus loin. Le producteur Mutt Lange partage cet avis : le chanteur a exactement ce qu’il faut.
L’appel qui change tout
De son côté, Brian Johnson vit ce moment comme un rêve éveillé. Il se souvient parfaitement de l’appel de Malcolm :
« C’était l’anniversaire de mon père. J’étais à Newcastle, je lui avais apporté une bouteille de whisky… mais il n’était pas là. Puis le téléphone a sonné. »
Au bout du fil, Malcolm Young. Et une annonce difficile à croire.
« J’ai dit : “Attends une minute, tu es sûr que ce n’est pas une blague ?” »
Incrédule, Johnson demande même à être rappelé dix minutes plus tard… juste pour être sûr de ne pas rêver. Malcolm s’exécute.
Puis vient la phrase qui scelle son destin :
“Tu aimerais venir aux Bahamas ? On enregistre un album.”
Un destin scellé dans un verre de whisky
Seul chez lui, sans personne à qui annoncer la nouvelle, Johnson célèbre ce moment à sa manière : en ouvrant le cadeau destiné à son père et en se servant un verre de whisky.
Un instant simple, presque intime, qui marque pourtant le début d’une aventure légendaire.
Une histoire entrée dans la légende du rock
La suite, tout le monde la connaît. Brian Johnson rejoint officiellement AC/DC et participe à la création de Back in Black, sorti la même année. L’album deviendra un monument du rock, porté par une énergie brute et une voix désormais iconique.
Aujourd’hui encore, le chanteur reste profondément attaché au groupe. Et malgré les années, une seule chose continue de le faire vibrer : remonter sur scène.
Une preuve que parfois, les plus grandes histoires commencent… par une simple partie de billard.




























