Led Zeppelin, la chanson du groupe que John Bonham détestait !

Led Zeppelin, la chanson du groupe que John Bonham détestait !

La chanson, expérimentale et en dehors du genre habituel du groupe, est sortie sur l'album Houses Of The Holy en 1973.

Dans l’histoire du rock, peu de batteurs ont marqué leur époque comme John Bonham. Véritable cœur battant de Led Zeppelin, il est souvent décrit comme le moteur du mythique « Hammer of the Gods », une expression tirée d’un couplet de Immigrant Song (1970).

Son génie ? Un instinct pur. Bonham ne réfléchissait pas, il ressentait. Peu attaché aux règles strictes du rythme, il privilégiait la puissance et la spontanéité. Tout ce qui pouvait altérer son groove naturel ou nuire à sa sonorité le dérangeait profondément.

Un groupe en pleine expérimentation

Au début des années 70, Robert Plant, Jimmy Page et John Paul Jones enchaînent les chefs-d’œuvre. En seulement trois ans, le groupe sort quatre albums majeurs :

  • Led Zeppelin I
  • Led Zeppelin II
  • Led Zeppelin III
  • Led Zeppelin IV

Mais après avoir redéfini le hard rock en électrifiant le blues, le groupe ressent le besoin d’explorer de nouveaux horizons. Cette ouverture musicale culmine avec des morceaux audacieux comme Kashmir sur Physical Graffiti, mélange fascinant de rock et d’influences orientales.

Cependant, toutes ces expérimentations ne font pas l’unanimité… surtout auprès de John Bonham.

“D’Yer Mak’Er”, le morceau de trop

C’est avec D'Yer Mak'er, extrait de Houses of the Holy, que les tensions artistiques deviennent évidentes.

Sur ce titre, Led Zeppelin tente une incursion inattendue dans le reggae, un genre encore peu connu à l’époque. En 1973, Bob Marley commence tout juste à émerger à l’international avec Catch a Fire. Le reggae reste alors une musique underground, loin des standards du rock britannique.

Le pari est risqué… et il échoue.

La critique est sans appel. Le magazine Rolling Stone qualifie le morceau de :
« tentative pathétique […] sans aucun doute la pire chose que le groupe ait jamais faite ».

Mais le rejet le plus marquant vient de l’intérieur même du groupe.

John Bonham : une aversion totale pour le reggae

Selon John Paul Jones, John Bonham détestait littéralement ce morceau. La raison est simple :
il ne supportait pas le reggae.

« Il trouvait ça trop ennuyeux », confie-t-il.

Habitué à des rythmes puissants et complexes – son préféré restant celui de Black Dog – Bonham se retrouve ici contraint de jouer un rythme répétitif, loin de ce qui faisait sa signature.

Pire encore, il aurait volontairement simplifié son jeu sur le morceau, ce qui, selon certains, aurait contribué à son rendu final jugé maladroit.

Un titre abandonné sur scène

Conséquence directe : D'Yer Mak'er ne sera jamais joué en concert par Led Zeppelin.

Un fait rare pour un groupe connu pour revisiter et magnifier ses morceaux sur scène. Cela en dit long sur le malaise autour de cette chanson.

Quand l’instinct prend le dessus

L’histoire de ce morceau illustre parfaitement ce qui faisait la force – mais aussi les limites – de Led Zeppelin : leur capacité à expérimenter sans cesse, quitte à se perdre en chemin.

Et dans ce processus, John Bonham restait fidèle à lui-même :
un batteur guidé par l’instinct, incapable de tricher avec son ressenti.

Car au fond, si Led Zeppelin est devenu légendaire, c’est aussi grâce à cette exigence brute… même quand elle passait par le rejet total d’un morceau.