Aerosmith : Quand un sketch d'Adam Sandler sur Steven Tyler a failli partir en bagarre !

Aerosmith : Quand un sketch d'Adam Sandler sur Steven Tyler a failli partir en bagarre !

Une parodie de Steven Tyler a provoqué des tensions en coulisses lors de l'émission Saturday Night Live.

En janvier 1995, un simple sketch diffusé dans le mythique Saturday Night Live a bien failli tourner au règlement de comptes en coulisses. Au cœur de l’histoire ? Une parodie d’Aerosmith signée Adam Sandler, et une tension inattendue avec son partenaire Jay Mohr.

Une fausse compile qui pique là où ça fait mal

Nous sommes lors de la vingtième saison de l’émission, présentée ce soir-là par l’acteur Jeff Daniels. Sandler, alors étoile montante du programme, écrit une fausse publicité pour une compilation fictive : « Aerosmith's Greatest Hits : 1990–1994 ».

Le principe ? Se moquer des énormes succès du groupe au début des années 90 — « Crazy », « Cryin' » et « Amazing » — en suggérant qu’ils se ressemblent tous. Même structure, mêmes envolées, seules les paroles changeraient vraiment.

Sandler campe un Steven Tyler plus vrai que nature, tandis que Mohr enfile le costume de Joe Perry. La satire est simple, efficace… et visiblement pas totalement infondée.

Un fond de vérité gênant

Dans son livre, Jay Mohr révélera qu’il y avait effectivement un fond de vérité derrière la blague. Alors que Sandler enchaînait les refrains, les parties de guitare, elles, semblaient étonnamment similaires.

Pour en avoir le cœur net, Mohr s’adresse au directeur musical du SNL, le guitariste G. E. Smith. Celui-ci affirme pouvoir jouer une quinzaine de morceaux d’Aerosmith sans quasiment bouger les doigts.

Mohr n’y croit pas. Jusqu’à ce que Smith enchaîne « Cryin' », puis « Crazy », en gardant la main presque immobile. Il improvise même un medley pour le prouver. Verdict ? Sur cinq morceaux différents, la main ne bouge presque pas.

De quoi renforcer l’efficacité — et l’ironie — du sketch.

Des lunettes de trop

Mais le vrai moment rock’n’roll ne s’est pas joué sur scène.

Quelques instants avant le direct, pendant une pause publicitaire, Sandler et Mohr attendent sous les gradins. Mohr, ravi d’avoir enfin du temps d’antenne, est à fond dans son personnage de Joe Perry. Il remarque alors un détail : les lunettes de soleil de Sandler ressemblent davantage à celles d’Elton John qu’à celles de Steven Tyler.

Il lui suggère de les changer.

Mauvaise idée.

Sandler le fusille du regard et lui lance sèchement de se taire. L’ambiance se glace instantanément. Mohr, choqué, encaisse. Avec le recul, il admet qu’un ressentiment latent bouillonnait en lui : il enviait la popularité de Sandler et l’attention que celui-ci recevait du public.

L’espace d’un instant, il envisage de riposter — verbalement ou physiquement. Mais il sent le regard du public au-dessus d’eux. Et il sait qu’en cas de clash, les spectateurs prendraient probablement le parti de la star montante.

Ils sont appelés sur scène. Fin du suspense.

Respect, sans excuses

Le sketch se déroule parfaitement. Les rires fusent. La parodie fonctionne.

Après l’émission, Sandler s’approche de Mohr et lâche simplement :
« Tout va bien. Respect. »

Pas d’excuses. Pas d’explication. Juste un mot, presque codé.

Ce qui avait commencé comme une remarque anodine sur des lunettes de soleil avait failli dégénérer en bagarre, évitée uniquement par la pression du direct et la présence du public en studio.

Une fin de saison explosive

Ironie du sort, cette saison marquera un tournant brutal pour le Saturday Night Live. Une refonte majeure est engagée et dix membres du casting quittent l’émission ou sont renvoyés — parmi eux, Adam Sandler et Jay Mohr.

Comme quoi, même dans l’univers du rock et de la comédie, l’ego peut parfois être plus explosif qu’un solo de guitare.