Yoko Ono : « Je n'ai rien à voir avec la séparation des Beatles. »

Yoko Ono : « Je n'ai rien à voir avec la séparation des Beatles. »

La veuve de John Lennon a raconté cette histoire dans une chronique du magazine Us Weekly.

Dans l’histoire du rock, rares sont les figures aussi controversées que Yoko Ono. Artiste d’avant-garde respectée dans le milieu de l’art conceptuel, elle reste pour une partie du grand public associée à un tout autre rôle : celui de femme accusée d’avoir provoqué la séparation des Beatles. Une étiquette tenace, construite au fil des décennies, souvent au détriment de la complexité réelle des événements.

Compagne puis épouse de John Lennon, Yoko Ono est devenue, malgré elle, l’un des symboles de la fin du plus grand groupe de l’histoire du rock. Pourtant, elle n’a cessé de réfuter cette accusation.

« Je n’ai rien à voir avec la séparation des Beatles »

Il y a quelques années, dans la rubrique « 25 choses que vous ignorez sur moi » du magazine Us Weekly, Yoko Ono a tenu à remettre les pendules à l’heure :
« Je n’ai rien à voir avec la séparation des Beatles, et je pense que Paul McCartney est quelqu’un de bien. »

Une déclaration claire, presque apaisée, loin des tensions que l’on imagine. L’artiste rappelle ainsi que la dynamique interne du groupe était déjà fragilisée à la fin des années 1960. Les divergences artistiques, les ambitions personnelles et les désaccords financiers pesaient lourdement sur l’équilibre des quatre musiciens de Liverpool.

Paul McCartney prend sa défense

Fait notable : Paul McCartney lui-même a plusieurs fois défendu Yoko Ono sur ce sujet sensible. Selon lui, la rupture était déjà en marche.

« Elle n’était pas la cause de la séparation ; le groupe était déjà en train de se dissoudre. Je pense que Yoko a donné à John l’opportunité de voir les choses sous un autre angle, ce qui a été un grand attrait pour lui. »

Ces mots ont leur importance. Ils replacent Yoko non pas comme une force destructrice, mais comme une influence artistique et intellectuelle dans la vie de Lennon. À cette époque, les Beatles évoluaient déjà vers des trajectoires individuelles : albums solos en préparation, visions créatives différentes, fatigue accumulée après des années de succès planétaire.

Une influence artistique et personnelle

La relation entre Yoko Ono et John Lennon dépasse largement le simple cadre sentimental. Ensemble, ils ont exploré l’art expérimental, la performance et l’engagement politique, devenant un duo iconique du pacifisme à la fin des années 1960.

Mais Yoko a également révélé un aspect plus intime de leur relation. Dans plusieurs interviews, elle a confié que c’est John Lennon qui l’a initiée au monde des drogues :
« Avant de le rencontrer, je n'avais jamais rien consommé, c'est lui qui m'a donné ma première cigarette quand j'avais 34 ans. »

Une déclaration qui inverse, là encore, certaines perceptions. Souvent décrite comme une influence négative, elle rappelle ici que Lennon était déjà engagé dans ses propres excès et expérimentations bien avant que le groupe ne s’effondre définitivement.

Un mythe persistant dans la culture rock

Pourquoi, alors, ce récit continue-t-il de circuler ? Dans le monde du rock, il est parfois plus simple d’identifier un visage extérieur que d’accepter qu’un groupe mythique puisse se désintégrer sous le poids de ses propres tensions. Yoko Ono est devenue ce bouc émissaire idéal : étrangère au cercle originel, artiste avant-gardiste incomprise, femme occupant une place inhabituelle dans le processus créatif d’un groupe masculin ultra-populaire.

Plus de cinquante ans après la fin des Beatles, le débat reste vivant. Mais les principaux intéressés l’ont répété : la séparation des Beatles n’est pas l’œuvre d’une seule personne. Elle résulte d’un enchevêtrement de facteurs humains, artistiques et économiques.

En affirmant : « Je n’ai rien à voir avec la séparation des Beatles », Yoko Ono ne cherche plus à convaincre ses détracteurs. Elle rappelle simplement une vérité souvent oubliée : même les légendes du rock restent des êtres humains, traversés par leurs doutes, leurs désirs d’indépendance et leurs contradictions.