Le 11 février 1992 marque un tournant brutal dans l’histoire du glam metal : Mötley Crue annonce officiellement le départ de son chanteur iconique, Vince Neil. Une rupture fracassante qui sonne la fin d’une époque pour l’un des groupes les plus sulfureux de Los Angeles.
Une passion qui dérape
Depuis la fin des années 80, les tensions montent au sein du quatuor. Alors que le groupe tente de préparer la suite de Dr. Feelgood, les absences répétées de Vince Neil aux répétitions commencent à irriter Nikki Sixx, Tommy Lee et Mick Mars.
La raison ? Le frontman semble de plus en plus absorbé par sa nouvelle passion : sa carrière de pilote d'automobile. Courses, compétitions, entraînements… Le chanteur passe davantage de temps sur les circuits que dans les studios.
Pour ses camarades, le constat est sans appel : il n’a plus la flamme.
« Il n’a plus la passion »
Dans leur déclaration officielle, les membres de Mötley Crue affirment que Vince Neil n’est plus investi dans le groupe et que son engagement s’est dilué. Pour eux, continuer sans motivation totale est impensable. Résultat : il est viré du groupe.
Une décision radicale, mais assumée.
De son côté, Vince Neil livrera une version bien différente. Selon lui, il n’a jamais abandonné la musique et n’a pas quitté volontairement le groupe. Il reconnaît son amour pour la course automobile, mais nie avoir tourné le dos au rock.
Un pari risqué
Après ce départ explosif, Mötley Crue recrute John Corabi au chant. En 1994, le groupe sort un album éponyme, plus lourd, plus sombre, presque alternatif. Un virage artistique audacieux… mais commercialement fragile.
Le contexte n’aide pas : le grunge déferle sur le monde avec Nirvana, Pearl Jam et Soundgarden. Le glam metal, autrefois roi du Sunset Strip, vacille.
Sans la voix nasillarde et immédiatement identifiable de Vince Neil, une partie des fans décroche.
Le retour du fils prodigue
Face à une popularité en baisse et à une nostalgie grandissante, la réconciliation finit par avoir lieu. En 1996, Vince Neil réintègre Mötley Crue, refermant un chapitre mouvementé de l’histoire du groupe.
Cette éviction reste l’un des épisodes les plus marquants du hard rock des années 90 : la collision entre ego, passion mécanique et survie artistique.
Preuve que même dans le rock’n’roll, lever le pied peut coûter très cher.

































