The Doors : Robby Krieger et John Densmore se réunissent pour une nouvelle version de « Riders on the Storm »

The Doors : Robby Krieger et John Densmore se réunissent pour une nouvelle version de « Riders on the Storm »

Réalisé dans le but de récolter des fonds pour soutenir les musiciens, il met également en vedette Rami Jaffee des Foo Fighters et les fils de Willie Nelson au clavier.

Plus de cinquante ans après sa sortie, « Riders on the Storm » continue de traverser le temps comme une incantation nocturne. En 2025, Robby Krieger et John Densmore, respectivement guitariste et batteur de The Doors, signent une relecture aussi symbolique que poignante de ce morceau mythique, dernier survivant sonore de l’ère Jim Morrison. Une réunion rare, chargée de mémoire, de poésie et d’un message universel toujours brûlant.

Depuis la mort de Ray Manzarek en 2013, Krieger et Densmore sont les derniers membres survivants de The Doors. Avec cette nouvelle version de « Riders on the Storm », ils rendent hommage à l’âme du groupe : la poésie sombre de Jim Morrison, son message de liberté universelle et ses profondes influences cinématographiques.

Un chant du cygne devenu légende

« Riders on the Storm » est le dernier morceau de l’album L.A. Woman, sorti le 19 avril 1971. Un disque charnière, brut, bluesy, enregistré presque comme un retour aux sources, et qui marquera tragiquement la fin de The Doors. Trois mois plus tard, Jim Morrison est retrouvé mort à Paris, à seulement 27 ans.

Ce titre crépusculaire, porté par une pluie hypnotique, un clavier spectral et une voix presque fantomatique, résonne aujourd’hui comme une prophétie. Un ultime voyage sur une route sans fin.

Jim Morrison, le cinéma et la route

Avant d’être une icône rock, Jim Morrison était un étudiant passionné de cinéma. Venu à Los Angeles pour étudier à l’UCLA, il partageait avec Ray Manzarek un amour profond pour le langage cinématographique. Morrison écrivait des scénarios, tournait des courts-métrages et concevait déjà ses chansons comme des films mentaux.

« Riders on the Storm » est directement inspiré du film The Hitch-Hiker (1953), qui retrace l’histoire vraie de Billy Cook, un tueur en série semant la mort au hasard en faisant de l’auto-stop. Morrison y mêle également des éléments de son propre court-métrage expérimental tourné dans le désert californien en 1969, HWT: An American Pastoral, dans lequel il joue lui-même.

Sur un blues nocturne et psychédélique, Morrison livre ici l’une de ses performances vocales les plus troublantes et évocatrices, oscillant entre murmure, menace et poésie brute.

Une version mondiale et engagée

Pour cette nouvelle interprétation, Robby Krieger et John Densmore se sont associés à l’ONG Playing for Change, un projet musical et humaniste qui rassemble et soutient des musiciens du monde entier depuis 2002.

La liste des participants donne le vertige. Aux côtés des deux membres historiques des Doors, on retrouve Lukas Nelson, chargé d’interpréter les parties vocales de Jim Morrison, accompagné de son frère Mikah Nelson — tous deux fils de Willie Nelson et collaborateurs réguliers de Neil Young. Le projet réunit également le producteur Don Was, Rami Jaffee des Foo Fighters, ainsi qu’une mosaïque d’artistes venus des quatre coins du globe.

Parmi eux, les Amérindiens Lakota du Red Cloud Drum Group, le musicien sénégalais Baboulaye Sissokho, ou encore la violoncelliste espagnole Macarena Montesinos. Une véritable traversée culturelle, fidèle à l’esprit originel du morceau.

« L’idée de Playing for Change est de montrer au public comment toutes les cultures du monde utilisent la musique pour améliorer leur vie et de se souvenir à quel point nous sommes tous liés », explique Mark Johnson, fondateur de l’ONG et commissaire du projet.

Robby Krieger ajoute :

« Voir autant d’artistes du monde entier se réunir autour de cette chanson est très important pour Jim et pour The Doors. La musique joue un rôle essentiel pour rassembler les gens. »

Quand la tempête devient universelle

Avec cette nouvelle version de « Riders on the Storm », The Doors ne regardent pas simplement dans le rétroviseur. Ils rappellent que la musique peut encore être un langage universel, un pont entre les cultures, une force de communion.

Plus qu’une reprise, c’est un hommage vivant, une tempête qui continue de gronder — portée par l’héritage de Jim Morrison, et par la certitude que certaines chansons ne meurent jamais.