Matt Bellamy, leader de Muse, revient avec une certaine lucidité sur la trajectoire improbable du groupe britannique, toujours bien présent sur la scène rock mondiale plus de vingt ans après ses débuts. Dans une interview accordée au magazine NME, le chanteur se replonge dans le contexte musical des années 2000, une période charnière pour le rock moderne.
Il se souvient notamment d’un paysage en pleine mutation : « Il y avait trois choses qui se passaient à ce moment-là : la fin de la Britpop, le nu-metal en Amérique, et puis la nouvelle chose excitante c'était The Strokes, The White Stripes, ce truc rock 'n' roll rétro. »
À cette époque, Muse ne s’inscrivait clairement dans aucune de ces tendances dominantes. Un positionnement qui aurait pu être un désavantage, mais qui s’est finalement transformé en atout majeur pour leur carrière. Bellamy le reconnaît aujourd’hui sans hésiter : « On ne collait avec aucune de ces choses – et ça, avec du recul, c'était vraiment une bénédiction. »
Cette posture en marge des modes a façonné l’identité du groupe et explique, selon lui, sa longévité exceptionnelle. Pour le chanteur, cette indépendance artistique est même la clé de leur survie dans un paysage musical en constante évolution : « Le fait qu'on ait réussi à trouver un public sans faire partie d'une tendance, c'est incroyable, et je pense que c'est pour ça qu'on est encore là. On est la définition de l'alternatif. »
Une vision qui contraste avec celle de nombreux groupes de la même époque, souvent portés par une vague précise avant de disparaître lorsque celle-ci s’essoufflait. Bellamy résume cette différence avec franchise : « On n'a jamais été assez à la mode pour que quand les projecteurs se détournent de vous, vous soyez juste finis. »
Avec le recul, cette position d’outsider apparaît donc comme l’un des facteurs clés de la longévité de Muse, un groupe qui a su traverser les époques sans jamais vraiment entrer dans une case.



























