Blur : “Bettlebum”, le morceau charnière d’un groupe enfin respecté

Blur : “Bettlebum”, le morceau charnière d’un groupe enfin respecté

En ouvrant leur album Blur avec “Beetlebum”, Damon Albarn et sa bande signent bien plus qu’un simple single : ils posent l’acte fondateur d’une mue artistique qui va définitivement changer le regard porté sur le groupe.

En 1997, alors que la Britpop commence à s’essouffler et que l’Angleterre cherche déjà ses prochains héros, Blur prend tout le monde à contre-pied. En ouvrant leur album Blur avec “Beetlebum”, Damon Albarn et sa bande signent bien plus qu’un simple single : ils posent l’acte fondateur d’une mue artistique qui va définitivement changer le regard porté sur le groupe.

La fin d’une étiquette encombrante

Pendant des années, Blur a traîné l’image d’un groupe emblématique mais enfermé dans le folklore britannique : chroniqueurs du quotidien anglais, chantres de la classe moyenne, rivaux d’Oasis dans une guerre plus médiatique que musicale.
Avec “Beetlebum”, cette époque est terminée.

Fini les refrains sautillants et l’ironie pop. Place à un rock alternatif sombre, lent, presque poisseux, directement inspiré par la scène indie américaine des Pixies, de Pavement ou de Sonic Youth. Blur ne cherche plus à séduire : il s’impose.

Un morceau inconfortable… et c’est voulu

Derrière ses guitares traînantes et son rythme hypnotique, “Beetlebum” parle ouvertement de drogue, et plus précisément d’héroïne. Damon Albarn ne romantise rien : la chanson est lourde, répétitive, presque étouffante.
Un choix radical pour un groupe aussi populaire.

Et pourtant, contre toute attente, le titre atteint la première place des charts britanniques. Un exploit qui prouve une chose essentielle : Blur peut être exigeant et rester numéro un.

Le respect enfin acquis

Avec “Beetlebum”, Blur gagne ce qui lui manquait encore : le respect.
Celui de la scène rock internationale, des critiques, et d’un public qui ne le voit plus comme un simple groupe de tubes britpop, mais comme un véritable groupe de rock, capable de prendre des risques artistiques majeurs.

Ce morceau ouvre la voie à des albums plus aventureux comme 13, et prépare inconsciemment le terrain pour les futurs projets de Damon Albarn, jusqu’à Gorillaz.

Un moment charnière dans l’histoire du rock des années 90

“Beetlebum” n’est pas un hymne générationnel à la manière de Wonderwall ou Smells Like Teen Spirit.
Mais il est un point de bascule, un moment où un groupe populaire décide de sacrifier le confort pour la crédibilité.