Le rock australien perd l’un de ses piliers. Rob Hirst, batteur emblématique du groupe Midnight Oil, est mort à l’âge de 70 ans. Figure essentielle de l’histoire du rock engagé, le musicien se battait depuis plusieurs années contre un cancer du pancréas, un combat qu’il a mené avec la même discrétion, la même dignité et la même force que tout au long de sa carrière.
Derrière sa batterie, Rob Hirst n’était pas seulement un rythmicien hors pair : il était le cœur battant de Midnight Oil, un groupe devenu symbole de révolte, de conscience politique et d’intégrité artistique.
Le moteur rythmique de Midnight Oil
Formé au milieu des années 1970, Midnight Oil s’est rapidement distingué par son énergie brute et ses prises de position radicales. Si la silhouette bondissante et la voix incandescente de Peter Garrett ont souvent capté la lumière, Rob Hirst, lui, imposait une frappe reconnaissable entre mille : sèche, puissante, presque martiale.
Son jeu, à la fois précis et instinctif, a façonné l’identité sonore du groupe. Des morceaux comme “Beds Are Burning”, “The Dead Heart”, “Power and the Passion” ou “Blue Sky Mine” doivent énormément à sa batterie tendue, toujours au service du message. Chez Midnight Oil, le rythme n’était jamais décoratif : il portait la colère, l’urgence et l’espoir.
Une carrière guidée par l’engagement
Rob Hirst n’a jamais été un simple musicien de l’ombre. Compositeur et parolier à plusieurs reprises, il a participé activement à l’écriture de l’œuvre de Midnight Oil, un catalogue profondément marqué par les luttes sociales, écologiques et politiques.
Le groupe s’est notamment illustré par son combat pour les droits des peuples aborigènes, la protection de l’environnement et la dénonciation des abus des grandes industries. Sur scène comme en dehors, Hirst incarnait cette cohérence rare : faire du rock sans compromis, sans calcul, sans trahir ses convictions.
Même lorsque le groupe atteint une renommée mondiale dans les années 1980 et 1990, il refuse les facilités du star-system. Une ligne de conduite que Rob Hirst n’a jamais quittée.
Un combat héroïque et une fin paisible
La famille de Rob Hirst a annoncé qu’il s’est éteint paisiblement, entouré de ses proches, après « un combat héroïque de presque trois ans » contre le cancer du pancréas. Dans un message partagé sur les réseaux sociaux, ses proches ont salué la fin de ses souffrances et ont invité celles et ceux qui souhaitent lui rendre hommage à soutenir des associations engagées dans la lutte contre cette maladie.
En 2025, Rob Hirst s’était exprimé publiquement sur son soutien à l’aide médicale à mourir, plaidant pour le droit à une fin de vie digne après « une vie incroyablement riche ». Une prise de parole forte, lucide et courageuse, à l’image de l’homme qu’il a toujours été.
L’héritage d’un batteur essentiel
Avec la disparition de Rob Hirst, c’est une certaine idée du rock qui s’éteint. Celle d’une musique capable de faire danser, réfléchir et résister. Celle d’un batteur qui n’avait pas besoin de solos démonstratifs pour marquer l’histoire, mais qui savait faire parler chaque coup de caisse claire.
Son influence dépasse largement Midnight Oil. Des générations de musiciens australiens et internationaux saluent aujourd’hui un artiste intègre, fidèle à ses idéaux, et un musicien dont le groove restera gravé dans la mémoire collective.
Rob Hirst laisse derrière lui une œuvre puissante, engagée et toujours actuelle. Tant que les chansons de Midnight Oil résonneront, son rythme continuera de battre. Fort. Libre. Inoubliable.
































