Avant The Dark Side of the Moon, avant The Wall, Pink Floyd s’amusait à dérouter son public. Preuve en 1969 avec Ummagumma, un double album qui ressemble à tout sauf à un best-of.
Deux disques, deux mondes. Le premier est enregistré en concert, au printemps 1969, notamment à Birmingham et Manchester. On y entend le Floyd psychédélique de la scène, avec de longues plages hypnotiques comme « Astronomy Domine » ou « Set the Controls for the Heart of the Sun ». Le second est un pari fou : chaque membre dispose d’un temps de studio pour composer sa propre pièce, sans les autres. Résultat : de la folk bucolique chez Roger Waters, des bruitages d’animaux, des percussions bricolées, du piano cérébral chez Richard Wright.
Un disque qui divise. Certains fans y voient le sommet de la liberté créatrice du groupe. D’autres trouvent la seconde moitié indigeste, voire illisible. Les membres eux-mêmes se sont montrés critiques avec le temps. Ça n’a pas empêché l’album de bien se vendre au Royaume-Uni à sa sortie.
Une pochette devenue culte. Signée Hipgnosis, elle joue sur l’effet Droste : une photo dans la photo, à l’infini, qui résume bien l’esprit du disque.
Pourquoi l’écouter aujourd’hui ? Parce qu’Ummagumma montre un groupe qui cherche encore sa voie, et qui ose tout. Pour comprendre d’où vient le son Pink Floyd, c’est une porte d’entrée, certes déroutante, mais passionnante.




























