Il y a des silhouettes qu’on reconnaît avant même de voir le visage. Celle d’Angus Young en fait partie : un gamin en short, une Gibson SG qui lui descend aux genoux, et ce duck walk qui traverse la scène d’un bout à l’autre. À 71 ans, le guitariste d’AC/DC n’a jamais vraiment quitté l’uniforme. Reste à savoir d’où il vient.
Un groupe qui cherche son image
Quand Angus et Malcolm Young montent AC/DC à Sydney, fin 1973, les deux frères sont arrivés d’Écosse une dizaine d’années plus tôt. Angus, le cadet, a 18 ans. Il a quitté le lycée d’Ashfield à 15 ans, avec peu de regrets, et l’école ne lui a laissé que de bons souvenirs en cours d’arts plastiques.
Au printemps 1974, avant un concert important à Victoria Park, Malcolm décide que le groupe a besoin d’un nouveau look. Chacun doit se trouver un personnage. Lui choisira une combinaison d’aviateur en satin. Pour Angus, la recherche est moins évidente : il a déjà tenté Spider-Man, Zorro, un costume de gorille et même Super-Ang, une parodie de Superman.
C’est sa sœur Margaret qui lance l’idée de l’uniforme. Angus prend ça pour une blague. Elle n’est pourtant pas venue de nulle part : à l’adolescence, il rentrait du lycée et filait dans sa chambre jouer de la guitare pendant des heures, sans même se changer. Sa petite taille et son visage de gamin font le reste.
Le soir du concert, il enfile le blazer d’Ashfield Boys High School de Sam, le fils de Margaret. Il lui va à peu près. Les récits varient un peu sur les détails : selon les versions, la toute première tenue aurait été cousue par Margaret, avant que l’usure ne pousse Angus à ressortir son propre uniforme d’Ashfield.
Un personnage, pas un déguisement
Ce qui devait être un costume parmi d’autres est devenu le personnage d’Angus. Le contraste est la clé : un élève sage en apparence, qui joue des riffs gras et tient la scène comme personne. Le duck walk, emprunté à Chuck Berry, complète le tableau. Et chez Berry, le rock’n’roll était justement la délivrance qui arrive quand la cloche de l’école sonne.
Le costume a évolué au fil des décennies, dans ses couleurs, ses coupes, ses motifs. L’idée, elle, n’a pas bougé. Interrogé sur la question, Angus répond sans détour : c’est son truc, et ça marche.
Autour de lui, pourtant, tout a changé. Bon Scott est mort en 1980, Brian Johnson a pris sa place, puis a dû laisser le micro en 2016 avant de revenir pour l’album « Power Up » en 2020. Malcolm, l’autre pilier du groupe, s’est éteint en 2017.




























