Joy Division : Découvrez l'histoire de "Unknown Pleasures", le véritable chef-d'oeuvre du groupe !

Joy Division : Découvrez l'histoire de "Unknown Pleasures", le véritable chef-d'oeuvre du groupe !

Le 15 juin 1979, Joy Division sortait son tout premier album, le désormais mythique « Unknown Pleasures ».

Le 15 juin 1979, Joy Division sortait son tout premier album, le désormais mythique « Unknown Pleasures ». Dès sa sortie, le disque s’impose comme un choc esthétique et sonore, devenant instantanément un pilier du post-punk et une référence absolue pour plusieurs générations.

De sa pochette légendaire à ses compositions sombres et hypnotiques, l’album entre immédiatement dans l’histoire du rock. Pourtant, derrière ce chef-d’œuvre, se cache une genèse plus complexe qu’il n’y paraît… et un titre qui aurait pu être tout autre.

Un album presque nommé autrement

D’après les carnets de Rob Gretton, manager historique du groupe mené par Ian Curtis, plusieurs idées de titres ont longtemps circulé avant la décision finale.

Les membres du groupe souhaitaient un titre en deux mots, et parmi les propositions figuraient notamment « Kinetic Outtake », mais aussi le très inquiétant « Convulsive Therapy » — un choix particulièrement troublant, puisque Ian Curtis venait tout juste d’être diagnostiqué épileptique.

D’autres idées ont également été envisagées, comme :

  • “On The Threshold Of Collapse”
  • “A Voice In The Wilderness”
  • “The Will Of The Underworld”
  • “House Of Correction”
  • “Aura Of Violence”
  • “Bureau Of Chance”

Finalement, le groupe opte pour le titre le plus énigmatique et intemporel : « Unknown Pleasures ».

Une pochette devenue légende

La couverture de l’album est aujourd’hui l’une des plus célèbres de l’histoire du rock. Elle est conçue par le designer Peter Saville, et représente un graphique mystérieux.

Ce visuel provient en réalité d’une découverte faite par Bernard Sumner dans un livre trouvé à la bibliothèque de Manchester. Le diagramme illustre les ondes radio du tout premier pulsar jamais détecté, connu sous le nom de CP 1919.

Ce pulsar a été découvert en 1967 par la scientifique Jocelyn Bell Burnell et son directeur de thèse Antony Hewish à l’université de Cambridge. Ce lien entre science et esthétique sombre contribue encore aujourd’hui au mystère de l’album.

Un enregistrement express mais intense

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, « Unknown Pleasures » n’a pas été enregistré dans un confort absolu. L’album est conçu en seulement trois week-ends, dans des conditions particulièrement intenses.

En mars 1979, Joy Division enregistre d’abord une démo destinée au producteur Martin Rushent afin de décrocher un contrat avec une major. Mais rapidement, une décision change tout : Factory Records, via le patron Tony Wilson, choisit de produire et sortir le disque en local.

C’est ainsi que le groupe rejoint officiellement le label culte de Manchester.

Des sessions nocturnes devenues mythiques

Comme le raconte Peter Hook dans Unknown Pleasures: Inside Joy Division, les membres du groupe avaient tous des emplois à côté de la musique. Ils enchaînaient donc des sessions nocturnes avec le producteur Martin Hannett :

« Nous enregistrions jusqu’à sept heures du matin, puis nous revenions le samedi soir et enregistrions jusqu’à sept heures du lendemain matin. »

Ces sessions, réalisées aux studios Strawberry de Stockport, s’étalent sur trois week-ends : deux pour l’enregistrement, un dernier pour le mixage. Cette méthode de travail contribue largement à l’atmosphère unique et froide de l’album.

Un premier album… qui n’était pas le premier

Fait moins connu : « Unknown Pleasures » n’est pas le premier projet enregistré par Joy Division.

Entre 1977 et 1978, Ian Curtis tente déjà de décrocher un contrat chez RCA à Manchester. Le groupe enregistre alors un album complet de 11 titres, incluant notamment « Transmission » et un morceau inédit jamais réenregistré : « The Drawback ».

Mais le groupe n’est pas satisfait du résultat. Le projet est abandonné, laissant Joy Division libre de construire son véritable premier album officiel ailleurs.

Un chef-d’œuvre intemporel

Avec « Unknown Pleasures », Joy Division signe bien plus qu’un premier album : ils posent les bases d’un son, d’une esthétique et d’une influence qui marqueront durablement le rock alternatif.

Entre tragédie, innovation et mystère, le disque reste aujourd’hui une œuvre fondatrice, toujours étudiée, écoutée et admirée plus de quarante ans après sa sortie.