Les Pogues : Le batteur Andrew Ranken est mort à 72 ans.

Les Pogues : Le batteur Andrew Ranken est mort à 72 ans.

L'information a été confirmée par les membres du groupe via un message touchant publié sur les réseaux sociaux officiels du groupe.

Le monde du rock celtique est en deuil. Andrew Ranken, batteur et membre fondateur du légendaire groupe The Pogues, est décédé à l’âge de 72 ans. Une disparition qui marque un nouveau chapitre douloureux dans l’histoire du groupe londonien.

La nouvelle a été confirmée par ses compagnons de route Spider Stacy, James Fearnley et Jem Finer dans un message poignant publié sur les réseaux sociaux officiels du groupe :

« C'est avec une profonde tristesse que nous annonçons le décès d'Andrew Ranken, batteur, membre fondateur et âme des Pogues. Merci pour tout, pour ton amitié, ton esprit et bien sûr, ta musique. Un véritable ami et un frère. Toutes nos pensées vont à sa famille en ces moments difficiles. »

Des mots simples mais chargés d’émotion pour saluer celui qui fut l’un des piliers du son si singulier des Pogues.

Un cogneur au service du punk celtique

Né à Londres le 13 novembre 1953, Andrew Ranken étudiait les médias et la sociologie au Goldsmiths College lorsqu’il rejoint le groupe en 1982. À cette époque, la scène alternative britannique est en pleine effervescence, et les Pogues s’apprêtent à bousculer les codes en fusionnant punk, folk irlandais et énergie brute.

Avec son style épuré mais puissant, Ranken s’impose rapidement derrière les fûts. Son jeu percutant lui vaut le surnom de « The Clobberer », clin d’œil à une chanson de Shane MacGowan. Une frappe sèche, directe, sans fioritures, qui devient l’un des moteurs essentiels de l’identité sonore du groupe.

Une discographie culte

Andrew Ranken a participé à tous les albums studio des Pogues, du premier, Red Roses for Me (1984), à leur ultime opus, Pogue Mahone (1996).

Pendant plus d’une décennie, il accompagne les envolées lyriques et chaotiques du groupe, contribuant à façonner un son devenu culte : festif, mélancolique, rageur et profondément humain.

Après la séparation du groupe en 1996, consécutive à la rupture de leur contrat avec Warner Bros., les Pogues se reforment en 2001. Fidèle au poste, Ranken reste derrière sa batterie jusqu’au départ définitif du groupe en 2014, scellant l’histoire d’une formation devenue mythique.

Une nouvelle perte pour les Pogues

Andrew Ranken est le quatrième membre des Pogues à disparaître. Avant lui, le guitariste Philip Chevron (2013), le bassiste Darryl Hunt (2022) et le chanteur emblématique Shane MacGowan (novembre 2023) nous ont quittés.

Un enchaînement tragique qui éteint peu à peu les voix fondatrices de ce groupe hors normes.

Victoria Clarke, épouse de Shane MacGowan, a rendu hommage au batteur, se souvenant de lui comme d’« un être humain merveilleux, un vrai gentleman et un batteur légendaire ». Elle a ajouté qu’il serait « chaleureusement accueilli par Shane », tout en soulignant combien il manquera profondément à ceux qui restent.

L’âme rythmique d’un groupe indomptable

Dans l’ombre des projecteurs, Andrew Ranken incarnait cette force tranquille, ce cœur battant qui maintenait l’équilibre entre chaos et précision. Son jeu n’était pas démonstratif, mais il était essentiel. Sans lui, l’énergie brute des Pogues n’aurait sans doute jamais trouvé cette cohérence explosive.

Aujourd’hui, c’est toute une génération de fans de punk celtique et de rock alternatif qui pleure la disparition d’un musicien discret mais fondamental.

Andrew Ranken laisse derrière lui une œuvre intemporelle, une rythmique gravée dans l’histoire du rock, et le souvenir d’un artiste authentique, fidèle à son groupe jusqu’au bout.

Le « Clobberer » s’est tu. Mais son battement, lui, résonnera encore longtemps.