Un album né du chaos
À l'époque, Lennon traverse ce qu'il appellera lui-même son « Lost Weekend » : dix-huit mois de séparation d'avec Yoko Ono, installé à Los Angeles puis New York avec May Pang. Alcool, frasques publiques, dérapages qui font les gros titres... la légende du Beatle sage en prend un coup. Mais dans le studio, quelque chose se remet en place. Après le militantisme maladroit de Some Time in New York City et le flottement de Mind Games, Lennon retrouve une écriture resserrée, portée par des musiciens comme Jim Keltner et Klaus Voormann.
Un tube inattendu, avec un invité de poids
Whatever Gets You Thru the Night, enregistré avec Elton John au piano et aux chœurs, devient le premier numéro un américain de Lennon en solo, un pari qu'Elton John avait lui-même provoqué, en le poussant à monter sur scène avec lui si le titre atteignait la première place. Promesse tenue : leur unique apparition commune sur scène, en novembre 1974 au Madison Square Garden, restera le dernier concert public de Lennon.
À côté du single, #9 Dream impose une mélodie plus planante, presque onirique, quand Scared ou Nobody Loves You (When You're Down and Out) dévoilent la face la plus sombre du disque.
La pochette, un autoportrait en morceaux
La jaquette assemble les dessins d'enfance de Lennon et une série d'autoportraits au visage déformé, pliables en plusieurs expressions. Un choix qui résume tout l'album : de l'humour, de la fragilité, et une identité qu'on recolle pièce par pièce. Petit clin d'œil de studio, le jeune Julian Lennon, onze ans à l'époque, joue de la batterie sur le morceau final, Ya Ya.
Walls and Bridges grimpe en tête du Billboard américain et se classe sixième au Royaume-Uni. Loin de l'aura sacrée d'Imagine ou de la gravité de Plastic Ono Band, il reste l'album d'un Lennon en transition, rarement aussi sincère.




























