Il y a des disques qui se contentent de recycler un catalogue. Et puis il y a ceux qui vous font réécouter des morceaux que vous connaissez par cœur comme si vous les entendiez pour la première fois. Nine Inch Noize appartient clairement à la seconde catégorie.
Le 30 octobre, l’album arrive en vinyle, en CD et en cassette, six mois après sa sortie sur les plateformes. Au programme : douze titres, avec une édition double vinyle 180 grammes pour les collectionneurs.
Un laboratoire à ciel ouvert
Derrière ce projet, on retrouve Trent Reznor et Atticus Ross, le noyau dur de Nine Inch Nails, et Alex Ridha, alias Boys Noize. Les trois hommes se connaissent bien : le producteur allemand avait déjà collaboré avec eux sur les musiques de Challengers et de Tron: Ares. Reznor raconte que ces expériences lui ont donné envie de l’inviter sur la tournée Peel It Back, où Boys Noize rejoignait le groupe en cours de set pour des relectures électroniques des morceaux. L’idée a pris un nom à part entière, Nine Inch Noize, jusqu’à un set complet sous le chapiteau Sahara de Coachella 2026.
Le disque est né de là. On y trouve des enregistrements de studio et des prises live, certains réalisés un peu partout, d’après Reznor, jusque dans les hôtels et les avions. L’étiquette « album de remixes » est un peu étroite.
Les classiques passent à la machine
Dans la tracklist, on retrouve « Vessel », « Heresy », « Closer », « Copy of A », « The Warning » ou encore « Came Back Haunted », tous réinterprétés, ainsi que « Parasite », emprunté à How To Destroy Angels, l’autre projet de Reznor. « Heresy », tiré de The Downward Spiral, s’offre une seconde vie avec la voix de Mariqueen Maandig, l’épouse de Trent Reznor. « Copy of A », qui ouvre depuis longtemps les concerts du groupe, prend la forme d’un morceau techno qui monte lentement en tension.
Même la reprise de « Memorabilia », de Soft Cell, trouve sa place. Un clin d’œil aux racines synth-pop de Reznor, passé à la moulinette du futurisme de Boys Noize. Quant à « As Alive as You Need Me to Be », issu de Tron: Ares, il garde par moments un parfum de la bande-son de Daft Punk pour Tron: Legacy.
Reznor, côté électro
Ce disque dit aussi quelque chose du moment que traverse Trent Reznor. Ses travaux pour le cinéma avec Atticus Ross lui ont donné envie de jouer Nine Inch Nails en version plus électronique sur scène. Ici, les guitares se font très discrètes, et le son industriel du groupe se rapproche de la piste de danse. C’est une autre façon de montrer que cet univers sonore, né à la fin des années 80, n’a rien perdu de sa capacité à se réinventer.
Pour les fans de la première heure comme pour ceux qui découvrent le groupe, c’est une belle porte d’entrée. Et pour ceux qui n’ont pas pu être à Coachella, le vinyle sera sans doute la meilleure façon de s’en approcher.




























