Avec American Idiot, Green Day change de dimension. Habitué aux morceaux courts et énergiques du pop-punk, le groupe signe cette fois un véritable concept album, porté par le personnage de Jimmy, alter ego de Billie Joe Armstrong. À travers "Jesus of Suburbia" et les autres titres du disque, le chanteur raconte les errances et les démons d’une génération marquée par la guerre en Irak et l’Amérique de George W. Bush. Malgré les interprétations politiques du titre, Armstrong expliquera qu’American Idiot ne faisait pas directement référence à l’ancien président américain.
Pour préparer l’album, Billie Joe Armstrong quitte temporairement la Californie pour New York. Dans l’East Village, il passe de longues heures à marcher seul dans les rues et joue régulièrement dans le sous-sol du club Hi-Fi, à Manhattan, aux côtés notamment de Ryan Adams et Jesse Malin. Une expérience qui nourrit l’écriture du disque et son récit autour de personnages en rupture, confrontés à leurs propres démons.
Dix mois pour donner vie à l’album
Enregistré avec le producteur Rob Cavallo, American Idiot est conçu comme une histoire musicale. Les treize morceaux sont enregistrés dans l’ordre dans lequel ils apparaissent sur le disque, notamment au Studio 880 d’Oakland et à Ocean Way Recording, à Los Angeles. Le réalisateur John Roecker suit cette période de création pour son documentaire Heart Like a Hand Grenade.
La dernière séance est consacrée à Whatsername, qui clôt l’album. Alors que Mike Dirnt enregistre ses dernières parties de basse, Billie Joe Armstrong apparaît en larmes devant les caméras. Après près de dix mois de travail, le groupe vient de mettre un point final à ce qu’il considère comme son projet le plus important.
Sorti le 21 septembre 2004, American Idiot atteint la première place des classements aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans plusieurs autres pays. L’album s’écoule à plusieurs millions d’exemplaires, donne naissance à un musical et permet à Green Day de remporter deux Grammy Awards. Boulevard of Broken Dreams devient notamment l’un des titres emblématiques du disque.
Pour Billie Joe Armstrong, la fin de l’enregistrement marque un véritable tournant : "J’avais la sensation d’avoir atteint le maximum, c’était notre apogée". Un sentiment partagé par John Roecker, qui compare ce moment à la fin d’une année scolaire. Le disque, après avoir accompagné le groupe pendant dix mois, n’appartient désormais plus aux musiciens, mais au public.




























