Il aura fallu six ans à Sleep Token, neuf à Ghost et dix à Bring Me The Horizon pour remplir une arena au Royaume-Uni. Spiritbox, eux, y sont parvenus en seulement quatre ans. Le groupe canadien s'est produit le 19 septembre à la Co-Op Live de Manchester, la plus grande salle indoor du pays, pour la première date de sa tournée Tsunami Sea.
Certes, la salle n'était pas à guichets fermés : les balcons supérieurs étaient masqués par des rideaux. Mais le symbole reste fort pour un groupe qui jouait encore devant 800 personnes à l'O2 Academy d'Islington il y a quatre ans à peine.
Une affiche 100 % nouvelle génération
Pas de tête d'affiche vétéran pour épauler la tournée : Spiritbox a misé sur une programmation entièrement composée de groupes montants, avec Dying Wish en ouverture et Jinjer en co-plateau. Un choix qui confirme l'ambition du groupe de porter, à sa manière, l'avenir du genre.
Les Ukrainiens de Jinjer, longtemps habitués aux salles combles version club, ont eu plus de mal à occuper l'espace d'une arena. Leur metal progressif et technique, porté par le registre vocal impressionnant de Tatiana Shmayluk, a manqué de refrains fédérateurs pour vraiment embraser la fosse. Le titre Pisces reste toutefois le sommet du set, avec une dynamique qui n'est pas sans rappeler Opeth.
Spiritbox, entre grand spectacle et micro-ratés de mise en place
Place ensuite à Spiritbox, entrée en scène soignée derrière un rideau géant, silhouette de la chanteuse Courtney LaPlante projetée en grand avant que le titre ne tombe sur Fata Morgana puis Black Rainbow. L'énergie monte encore avec Perfect Soul et Keep Sweet, avant un joli moment de communion autour de Soft Spine.
Jeu de lumières, machine à bulles pendant Tsunami Sea : la mise en scène reste modeste comparée à des mastodontes comme Sabaton, mais elle montre que le groupe pense déjà à l'expérience de scène version arena.
Le vrai point faible du concert, c'est l'ordre des morceaux. Le groupe joue huit des onze titres de l'album Tsunami Sea, au détriment de tubes plus anciens comme Hurt You ou Secret Garden, qui auraient pu porter la salle. Pire : le morceau qui a lancé la carrière du groupe, Holy Roller, arrive presque en milieu de set plutôt qu'en clou du spectacle, suivi de Circle With Me. Résultat, le pic d'énergie de la soirée tombe... avant la fin, et l'on sent quelques départs anticipés dans le public sur la fin du concert.
Un groupe qui cherche encore son hymne fédérateur
Crystal Roses et le nouveau single Mourning relancent un peu la machine en fin de set, mais le constat est là : il manque encore à Spiritbox ce titre ultime capable de clore un concert en beauté. Un problème que Metallica ou Ghost ont eux aussi connu avant de composer, respectivement, Enter Sandman et Square Hammer, une fois confrontés aux exigences des grandes salles.
De quoi rassurer plutôt qu'inquiéter : si Spiritbox arrive déjà à tenir une arena sans son grand hymne fédérateur, la suite s'annonce prometteuse.
La tournée Tsunami Sea se poursuit à travers le Royaume-Uni dans les prochaines semaines.




























