Impossible de parler d’Eddie Van Halen sans évoquer la Frankenstrat, cette guitare électrique reconnaissable entre mille avec ses rayures noires, blanches et rouges. Véritable prolongement du guitariste de Van Halen, elle est devenue l’un des instruments les plus mythiques de l’histoire du rock. Mais derrière son look spectaculaire se cache une histoire étonnante… dans laquelle David Lee Roth affirme avoir joué un rôle déterminant.
Une guitare bricolée pour repousser les limites
Au milieu des années 1970, Eddie Van Halen cherche avant tout à fabriquer la guitare idéale pour son jeu. Aucune guitare disponible dans le commerce ne répond totalement à ses attentes : il veut notamment associer la sensation et le vibrato d’une Stratocaster à la puissance d’un micro humbucker.
Il entreprend donc de construire son propre instrument à partir de différents éléments. Cette approche artisanale donnera naissance à une guitare aussi originale que son propriétaire. Le Smithsonian rappelle qu’Eddie était un véritable expérimentateur, combinant des éléments de plusieurs modèles afin d’obtenir l’instrument correspondant à son style.
Mais il restait un problème : l’apparence de la guitare.
David Lee Roth et l’idée des fameuses rayures
Selon le récit livré par David Lee Roth, alors que Van Halen travaille encore à ses débuts, la guitare d’Eddie présente une finition blanche. Le chanteur estime qu’elle rappelle trop les Stratocaster blanches associées à Jimi Hendrix, dont l’influence et le souvenir sont encore omniprésents.
Roth raconte alors avoir proposé à Eddie un motif composé de lignes qui s’étendent progressivement. Il affirme être arrivé en studio avec différents rouleaux de ruban adhésif et avoir participé à la conception du fameux motif rayé. En quelques minutes, le look de l’instrument aurait commencé à prendre forme.
L’anecdote est d’autant plus savoureuse que Roth résume son rôle avec une formule pleine d’humour : « J’ai inventé le café, ils ont inventé la tasse. »
La Frankenstrat devient un symbole du rock
Si David Lee Roth revendique donc une partie de la paternité visuelle du design, Eddie Van Halen reste celui qui a transformé cette idée en véritable icône. La guitare évolue au fil des années, avec différentes peintures, modifications et expérimentations.
Son nom, Frankenstrat, mélange d’ailleurs « Frankenstein » et « Stratocaster », résume parfaitement son ADN : un instrument assemblé, modifié et constamment perfectionné. Le résultat accompagne Eddie dans son ascension fulgurante et devient indissociable de son jeu révolutionnaire, notamment de son utilisation spectaculaire du tapping. Le Rock & Roll Hall of Fame considère d’ailleurs la Frankenstrat comme un élément central de l’innovation guitaristique d’Eddie.
L’histoire comporte toutefois une part de controverse. Des recherches plus récentes sur les premières versions de l’instrument remettent en question certains détails du souvenir raconté par Roth, notamment concernant la chronologie et les matériaux employés pour réaliser les rayures.
Une chose, en revanche, ne fait aucun doute : la Frankenstrat est devenue bien plus qu’une guitare. Elle incarne l’esprit bricolage, l’innovation et l’excès créatif d’Eddie Van Halen. Un instrument imparfait en apparence, mais suffisamment unique pour changer à jamais l’histoire de la guitare électrique.




























